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Le Vat Phu et les "4000 îles"

Le 06/12/2010

Le 25 novembre, nous sommes partis à moto (scooter à vitesses) en direction de Champassak, à environ 40 kilomètres au sud de Paksé. C’était très agréable de faire un peu de moto sur une route plutôt en bon état, peu fréquentée, et de profiter des paysages ainsi que des petits villages.

Nous avons traversé le Mékong sur un bateau radeau artisanal (monté sur 3 barques qui faisaient office de flotteurs) pour arriver ensuite au Wat Phu (temple khmer). C’est le site archéologique le plus important du Laos. Il ressemble aux temples d’Angkor en plus petit. C’est le berceau de la civilisation khmère et son nom signifie « temple de la montagne » car il est construit en-dessous d’une montagne verdoyante dans laquelle les religieux de l’époque voyaient un lingam, symbole de Shiva.

Les escaliers pour accéder au temple, assez pentus, sont bordés de très beaux frangipaniers. Depuis le temple, on a une très belle vue sur la plaine, sur les bassins entourant le site et sur une grande allée bordée de sculptures de lingams. Les ruines du temple sont jolies même si assez mal conservées. Les bouddhistes ont annexé se site au 16ème siècle et il est devenu pour eux un lieu sacré. Ainsi, à l’intérieur du temple dont les parois représentent différentes divinités hindoues, on trouve plusieurs statues de Bouddha. On trouve aussi sur ce site une source sacrée, un éléphant sculpté dans un énorme rocher et une table en pierre dans laquelle est creusé un crocodile et qui aurait servi à des sacrifices de jeunes filles vierges.

C’est un temple entouré de verdure qui a beaucoup de charme, et, même s’il est moins impressionnant que ceux d’Angkor, il valait le détour !

Le 26 novembre, nous sommes partis pour les 4000 îles : juste avant la frontière cambodgienne, le Mékong se divise en de multiples bras où sont éparpillées de très nombreuses îles luxuriantes.

Nous avons choisi la petite île de Don Khône, plus paisible que sa voisine Don Det. Même si on ne peut pas se baigner et que la vue sur le Mékong est souvent masquée par les guesthouses qui s’implantent de plus en plus le long du fleuve, c’est une île assez plaisante où il fait bon prendre le temps de vivre. Don Det et Don Khône étaient anciennement sous protectorat français. Quelques vestiges subsistent comme des maisons coloniales, le pont et le chemin de fer entre les deux îles. Le premier soir nous avons découvert, près d’un restaurant, un terrain de badminton sur lequel nous avons pris plaisir à taquiner le volant, après deux mois d’abstinence, sous la lumière de gros projecteurs !

Le lendemain nous avons fait le tour de l’île en vélo. Après avoir dépassé le village principal, on tombe sur une partie plus campagnarde avec ses nombreuses rizières et autres champs dorés, ses myriades de cocotiers et bananiers, ses buffles qui se baignent dans le fleuve boueux. De temps en temps, d’agréables forêts de bambous nous protégeaient du soleil ardent.

Cette fois-ci, c’est Julia qui a croisé deux serpents : ils étaient de petite taille mais de couleurs vives. Nous avons apprécié les vues sur le Mékong, tantôt rivière agitée traversée par des ponts suspendus, tantôt lac calme bordé par des plages de sable, avec au loin une nuée d’îles. En chemin, nous nous sommes arrêtés aux chutes de Li Phi, ou Somphamit (« gouffre du fantôme » en laotien) appelées ainsi, car à l’endroit où elles tombent, se forme un cul-de-sac sans courant qui retient les épaves. Il y a un fort débit, et plusieurs chutes, en forme d’escalier, se rejoignent en contrebas.

En fin de journée, nous nous sommes promenés en barque à moteur entre les îles, notamment pour apprécier le coucher de soleil sur le Mékong. Nous avons adoré ! Quelle bonne petite croisière !  Nous avons observé, le long des îles habitées mais pas très touristiques, les pêcheurs, les femmes lavant le linge (propreté garantie !), les personnes qui se baignent (ou même se lavent les dents dans le fleuve !) et les enfants qui jouent. Dans la lumière déclinante, ce fut vraiment un très beau spectacle.

Le 28 novembre, nous sommes repartis pour Vientiane en utilisant un bus à couchettes, comme dans les trains. Ce n’était pas très large ni confortable mais bien utile pour faire passer les 10 heures de trajet.

 

Arrivée au Laos - Le plateau des Bolovens

Le 01/12/2010

Nous sommes arrivés au Laos le 19 novembre, par Paksé, ville la plus importante du Sud (avec seulement 60 000 habitants…). C’est une ancienne ville coloniale française, bâtie entre le Mékong et l’embouchure du Sédon. Les Thaïlandais y ont construit le « plus grand centre commercial » du Laos (selon le Routard), qui ressemble plutôt à un marché avec des escalators (en panne), et une supérette à l’étage, supérette de l’enseigne…. frères Tang (on n’est pas dépaysés…).

Nous avons rayonné à partir de cette ville, à la découverte du plateau des Bolovens et du Wat Phu (temple) de Champassak. Tout d’abord, nous sommes partis en excursion sur le plateau des Bolovens : ce sont des terres à 800m altitude, très fertiles (plateau essentiellement composé de roches volcaniques favorisant ainsi l’absorption de l’eau). On y trouve des cultures variées (hévéas, tecks, théiers, caféiers, bananiers, etc.). Nous avons visité une plantation de thé où l’on nous a expliqué 3 modes de fabrication du thé à partir d’une même variété de théier : thé blanc, thé vert et thé oolang. Ces types de thé dépendent de la jeunesse des feuilles que l’on utilise et de leur mode de séchage (feu de bois et/ou soleil). Nous avons vu aussi deux variétés de caféiers : le robusta (les plus grands, dont les grains sont plus appréciés par les Asiatiques) et l’arabica (dont les grains ont une saveur moins forte et sont plus consommés par les Occidentaux).

Cette balade nous a également permis de contempler quelques jolies chutes d’eau. En premier lieu Tad Fan (les chutes les plus hautes du Laos, 120 mètres de haut) qui dégringolent dans des gorges entourées de jungles, mais qui restent inaccessibles en raison de la présence de bombes américaines. Puis Tad Yuang, qui sont de belles chutes de plusieurs dizaines de mètres avec un puissant débit. En amont de celles-ci se trouve un paisible coin de verdure, où serpente une petite rivière, et qui, parsemé de cabanes de bois, donne un peu l’impression d’un paysage suisse.

 

 

 

 

Ce qui nous a le plus marqué fut certainement notre visite des petits villages des minorités, établies depuis des siècles sur ce plateau et conservant leurs traditions (minorités Alak, Katu, Ta-oy et Suay). Ce sont des ethnies qui ne se mêlent pas aux Laotiens, qui parlent une langue dérivée du khmer et qui vivent dans des huttes de bois au toit de chaume, construites en cercles concentriques autour de la hutte du chef. Ce qui est amusant, c’est le contraste entre leur vie simple, leurs logements précaires, leurs vêtements très usagés, et les énormes antennes satellites plantées devant chaque hutte afin de capter la télévision.

Ce sont des ethnies animistes qui ont toutes au centre du village une sorte de maison sacrée, maison aux esprits, décorée de statues de bois. Devant cette maison, ils sacrifient régulièrement divers animaux (buffles, poulets, …), afin de leur apporter les faveurs des esprits, lors de mariages, naissances, nouvelles maisons, pour obtenir de bonnes récoltes, à la nouvelle année, etc. Pour eux, la mort n’a pas la même signification que pour nous autres Occidentaux : c’est un évènement gai. En effet, le défunt trouve le repos, son esprit est enfin libre. Ainsi, c’est l’occasion pour la famille de faire la fête pendant 7 jours. Les Katus vont d’ailleurs jusqu’à préparer à l’avance les cercueils de tous les membres de la famille, et les déposent juste en-dessous de leur maison, au cas où.

 

 

Nous sommes allés à leur rencontre et ils nous ont accueillis en souriant. Ils vivent très tranquillement. On sent bien qu’ici le temps n’a pas la même dimension. Par ailleurs, tout le monde fume, femmes et enfants y compris, dans de grandes pipes à eau en bambou qu’ils se font passer, accroupis ou assis sur la terre nue, en nous regardant d’un air détaché et presque moqueur.

Nous avons dormi à Tad Lo, petit village près d’une jolie cascade, dans une cabane sur pilotis. Nous avons rencontré un couple franco-suisse très sympa, Gaëlle et Manu, également en tour du monde, mais pendant un an. Le lendemain, nous avons fait un petit trek de 4 heures avec eux et un guide local (malheureusement non anglophone), sous une chaleur écrasante. Nous avons traversé champs et villages, toujours à la rencontre de minorités, et avons découvert des plants de coton, d’arachide (ce sont d’ailleurs les « bulbes » au bout des racines, un peu comme les pommes de terre, que l’on mange), et de piments.

''Petit'' recit de nos aventures au Cambodge. Bonne lecture...

Le 24/11/2010

Nous sommes arrivés à Phnom-Penh le 29/10. Ce jour-là, la capitale était calme, peu de véhicules dans les rues et surtout beaucoup moins de bruit, de pollution et de détritus le long des routes que dans les grandes villes d’Inde. Après 3 semaines d’un soleil intense, nous avons trouvé agréable de nous promener dans cette ville sous une légère bruine et 10 degrés de moins. 

Nous avons visité le Vat Phnom, temple perché sur une petite colline boisée. C’est un petit temple avec une énorme stupâ (édifice en forme de cloche qui renferme les cendres d’un roi). Après une petite balade le long du Tonlé Sap, cours d’eau marronâtre et agité, nous avons testé le massage cambodgien réalisé par de jeunes femmes aveugles.  C’est incroyable comme leurs mains agiles arrivaient à trouver tous nos points de tension.

Le lendemain, nous avons décidé de prendre la route pour le Mondolkiri, province à l’est du pays, terre encore sauvage non loin de la frontière vietnamienne. Lors d’une halte dans un village, un petit marché pittoresque nous a surpris par l’originalité de ses étalages : mygales, scorpions, cafards et sauterelles fris.  Cette traversée était magnifique, nous avons vu des grandes étendues de terre gorgée d’eau, où s’épanouissent lentement les rizicultures, des collines d’un vert intense qui contrastent avec le rouge vif de la terre.  Plus nous approchions de cette région, plus le paysage était vallonné et l’air frais.

Pour notre première excursion nous avions pris deux guides à moto qui nous entraînèrent sur ce qui devait être les pires routes du Cambodge, à la découverte des chutes de Bou Sraa. Les chutes étaient impressionnantes avec un très fort débit. Pour les voir, nous avons dû emprunter un abrupt escalier en bois, un peu à la Indiana Jones. Les guides nous ont ensuite emmenés dans une plantation de café, où, après une explication succincte du processus, depuis la récolte jusqu’à la torréfaction, nous avons pu déguster un café cambodgien. Le goût est fort, amer, sucré et avec une légère saveur de réglisse. Ce n’était pas vraiment notre tasse de thé…

Le lendemain, nous sommes partis pour deux jours, faire un trek dans la jungle à dos d’éléphant avec le secret espoir d’apercevoir des tigres. Chère Nicole, l’éléphant ne se révèle malheureusement pas plus discret qu’un « canteer » et pas plus efficace pour apercevoir ces chers félins.  Nous avons rencontré Han, un éléphant mono-défense de 65 ans, un peu farouche (c’était un mâle).  Monter à dos d’éléphant, ce n’est pas très confortable, avec la nacelle en bois et pas de place pour les jambes. Notre meneur d’éléphant était installé à califourchon sur son cou et le faisait avancer par des mouvements saccadés de ses pieds nus sur les oreilles de l’éléphant, par des cris, et si nécessaire parfois, par des coups de canne de bambou.  Nous nous sommes promenés sur les flancs des collines venteux et bruineux puis au sein de la jungle de plus en plus dense. 

Nous avons dormi au milieu de la jungle, dans des petites cahutes en bois où nous avons installé des hamacs avec moustiquaires.  Julia n’était pas très tranquille, surtout après la découverte d’un serpent noir et vert pomme caché entre deux planches d’une cabane. Une espèce dangereuse selon notre guide. Le lendemain nous avons pris un bain avec les éléphants et les avons lavés, une expérience unique. Pendant la journée, nous avons découvert des villages Pnong, une minorité du Cambodge, animiste et très pauvre, qui vit dans des petites cabanes en bois au toit de chaume. Ils portent leurs récoltes dans des hottes tressées comme celle du Père Noël. Ils vivent peu de l’exportation et produisent tout juste de quoi se nourrir.

Nous avons poursuivi notre route vers Kampot, après un rapide arrêt à Phnom Penh. C’est une petite ville fluviale du sud, non loin du golfe du Siam. Nous avons visité des grottes à l’aide d’un tuk-tuk tout terrain qui serpentait entre les trous de la route en terre. Nous admirions les rizicultures à perte de vue, champs imbibés d’eau d’un vert intense, parsemés d’habitations sur pilotis et de grands cocotiers. Nous avons fait un peu de spéléologie en tongs, mais les grottes manquaient d’intérêt.  

Le lendemain, le 06/11, nous avons visité le parc national de Bokor et sa station climatique qui est devenue une ville fantôme aujourd’hui. Cette dernière se situe en haut d’une montagne à environ 1000 mètre d’altitude. Renommée pour son climat frais et sa vue sur la jungle, elle a été construite par les Français dans les années 20. Les différents bâtiments (église, hôtel de luxe, casino, château d’eau en forme de soucoupe volante, etc.) sont décrépis et envahis par la mousse laissant derrière eux une atmosphère d’apocalypse.

Nous sommes ensuite partis pour Koh Tonsay, l’île du lapin, appelée ainsi en raison de sa forme. Ses plages sont agréables et pas très fréquentées. Elles sont bordées par des petits bungalows sur pilotis, des cocotiers, des hamacs et des chaises longues. Ca a été 3 jours complets de détente, à faire la sieste, lire, nous baigner dans l’eau douce et transparente du golfe du Siam. Nous avons goûté les noix de coco fraîches et nous sommes régalés de fruits de mer tous les jours.Nous sommes ensuite repartis pour Phnom Penh où nous avons retrouvé les parents d’Albin. Petite anecdote marrante sur notre retour : le bus est tombé en panne d’essence entre deux stations. Mais le chauffeur n’avait pas le droit de s’y approvisionner car il n’y avait pas d’accord entre ces marques et la compagnie de bus. Ils ont donc fait venir une voiture depuis Phnom Penh (à 1 heure de route !) avec l’essence nécessaire pour finir notre voyage. 
A Phnom Penh, nous avons visité le musée national et avons ainsi approfondi nos connaissances de l’histoire du Cambodge, de la préhistoire à l’époque post-angkorienne.  Hélas, l’histoire du Cambodge ne s’arrête pas là. Comme vous le savez, elle a été marquée récemment par de sombres événements. Les Khmers Rouges ont profondément marqué ce pays, tuant près d’ 1/7 de la population.

Pour en savoir un peu plus sur cette triste période, nous avons décidé de voir le musée S-21. C’était le plus grand centre de détention et de torture du régime Khmer Rouge qui a sévi de 1975 à 1979. C’est un ancien lycée reconverti en camp de torture au milieu de la ville. Il y a encore des barbelés autour de certains bâtiments. On voit des photos des détenus, hommes, femmes et enfants, des salles de tortures avec les lits en fer où les prisonniers étaient attachés, des cellules minuscules construites en bois ou en briques. Une visite assez cauchemardesque, qui, même si elle manque un peu d’explications, permet de saisir un peu le traumatisme subi par les Cambodgiens dont toutes les familles ont perdu au moins un membre. 

Notre voyage nous a entraîné ensuite à Siam Reap, la ville touristique de ce pays. Le soir, les rues sont très animées, écran géant pour suivre le football ou la formule 1, poissons mangeurs de peaux mortes, demoiselles de compagnie :  bienvenue dans la nouvelle Thaïlande ! 
Nous avons d’abord visité la maison de la soie, des ateliers qui permettent à de jeunes apprentis défavorisés d’apprendre un métier, celui de producteur de soie. Nous avons assisté à toutes les étapes de la production : élevage des vers à soie, récolte des cocons, trempage des cocons dans l’eau chaude, filage par des rouets avec distinction entre soie sauvage (extérieur du cocon) et soie fine (intérieur du cocon), teinture des fils, préparation des bobines, puis tissage manuel sur d’énormes métiers en bois.  

Ensuite, nous avons visité pendant trois jours les temples d’Angkor. Nous avons rayonné en tuk-tuk afin de pouvoir accéder plus facilement aux temples les plus éloignés. Nous en avons vu un grand nombre. Afin de pas trop vous accabler, nous allons décrire les 3 plus importants. Avant de rentrer dans des explications plus détaillées, il est important de savoir que le Cambodge, comme de nombreux pays d’Asie, a été influencé par l’Inde et sa religion. A certaines périodes de l’histoire khmère, l’hindouisme fut même la religion officielle. Le bouddhisme et l’hindouisme se mêlent dans la mythologie et dans la construction des nombreux temples khmers.

Tout d’abord l’incontournable, le plus grand et le plus connu, celui représenté sur le drapeau national : Angkor Vat. Construit au 12ème siècle, c’est un temple montagne dédié à Vishnu, il représente le mont Méru, centre de l’univers pour les Hindous.  C’est le seul temple d’Angkor orienté à l’ouest (direction de la mort) car il aurait servi de tombeau au roi qui l’a construit. Il est très impressionnant avec ses douves gigantesques, ses grandes tours ciselées et ses bas reliefs très bien conservés racontant des scènes de la mythologie hindoue (Ramayana, Mahâbhârata et barattage de la mer de lait). 

Le temple suivant est le temple du Bayon, une forêt de têtes gigantesques qui regardent dans toutes les directions. Le temple est composé de 54 (37 encore debout) tours qui représentent les différentes provinces khmères de l’époque.  Chacune des tours est ornée de 4 têtes de Bouddha, sensées illustrer ses 4 vertus (sympathie, pitié, humeur égale et égalité). On se demande ce qu’ont pu ressentir les explorateurs qui ont découvert au milieu de cette végétation luxuriante ces visages impassibles depuis des siècles, attendant, un sourire énigmatique au bord des lèvres, de pouvoir un jour raconter leur histoire.  

Le dernier temple est Ta Phrom, livré à la jungle, où il règne une atmosphère féérique, magique. Les racines de majestueux fromagers parcourent les murs de pierre recouverts de mousse verte.De minces rayons de soleil s’infiltrent au travers de ces arbres immenses qui cachent presque entièrement le ciel. Cela nous montre comment la nature reprend petit à petit ses droits sur les constructions humaines : racines qui s’insèrent entre les pierres des bâtiments qu’elles disloquent en grossissant, arbres démesurés qui poussent au-dessus des murs et menacent de tout casser sous leur poids écrasant. 

Pour finir notre séjour, le 17/10, nous sommes partis à la découverte du lac Tonlé Sap. Situé à une quinzaine de kms de Siam Reap, c’est le plus grand lac d’Asie du Sud-Est. Il se gonfle et dégonfle au rythme des moussons, par un phénomène de vase communiquant avec le Mékong (lorsque celui-ci est en crue, il force le courant de la rivière Tonlé Sap à s’inverser pour aller remplir le lac en amont. Du coup, le lac s’étend et inonde les forêts et champs alentours). Ce lac est très poissonneux, ce qui attire de nombreux oiseaux (cormorans, hérons, pélicans, …). L’excursion choisie avait d’ailleurs pour but d’observer ces volatiles dans la réserve ornithologique de Prek Toal puis de découvrir les villages flottants. L’observation des oiseaux, en bateau à moteur, un peu bruyant, s’est révélée un peu décevante : ils étaient peu nombreux car nous étions en pleine journée, et peu diversifiés (nous avons surtout vu des cormorans). 

Par contre, nous étions ravis de visiter le village flottant de Prek Toal, en pirogues plutôt instables (pas de quille, fond plat…), pour observer le mode de vie des villageois. C’est une sorte de Venise aquatique qui offre un spectacle tout en couleurs. Toute la vie de ce village se déroule autour de l’eau. Les maisons de paille et bambou sont fixées à des flotteurs et s’adaptent ainsi continuellement au niveau du Tonlé Sap. La population se déplace uniquement en pirogue, que ce soit pour faire les courses ou aller à l’école (les femmes dans des pirogues à rames, les hommes dans des pirogues à moteur) car les maisons ne sont pas fixées juste à côté les unes des autres. Chaque foyer possède son petit potager flottant, son petit poulailler, son élevage de poissons et parfois de crocodiles… C’était une très belle expérience de découvrir ce mode de vie hors du commun !  

Pour conclure, un petit mot sur les Cambodgiens. Ils sont calmes, très accueillants, toujours souriants. Désireux d’oublier les horreurs de la guerre, ils sont toujours d’humeur joyeuse et aiment beaucoup plaisanter (il faut les voir regarder des émissions TV et rigoler tout haut ! ) Nous nous sommes vraiment sentis à notre aise dans ce pays.

Enfin des nouvelles

Le 22/11/2010

Bonjour a tous,

Apres de longues semaines d’absence nous sommes de retour. Tout va bien, pas de probleme majeur a l’horizon. Nous avons quitte l’Inde pour le Cambodge et nous sommes au Sud du Laos depuis quelques jours. Nous deposerons demain le recit de nos aventures au Cambodge. En attendant voici quelques photos pour vous donner un avant gout. Et pour vous faire patienter, voici une petite anecdote sur le choc culturel Europe-Asie a l’aeroport de Bangkok.

Nous attendions tranquillement notre avion a destination de Phnom Penh assis non loin des bornes d ‘enregistrement. Un homme asiatiaque d’une trentaine d’annees a depose l’un de ses sacs a nos pieds avec un grand sourire, la paume de la main tendue vers nous afin de nous faire comprendre qu’il souhaitait que nous lui gardions. Il s‘appretait a partir. Surpris et ayant en tete la fameuse recommandation europeenne des aeroports (“ne jamais accepter un bagage de la part d’un inconnu”), nous l’avons rappele pour qu’il reprenne son bagage. Il n’a pas compris tout de suite et a voulu a nouveau nous le laisser. Quand nous avons refuse, surpris, il l’a depose juste a cote et est parti.

 Un peu “apeures” (enfin surtout Julia) par ce comportement inhabituel, nous avons vite deguerpi, loin du “bagage peut etre piege et plein de drogue”. Nous avons essaye de prevenir la securite de l’aeroport, qui n’a rien compris et nous a indique le service de retrait des bagages. Par acquis de conscience, nous sommes retournes sur le lieu du crime pour verifier si le sac etait encore la, le coeur battant. Et la, tranquillement assis, l’homme en question avait recupere son bagage, après avoir depose les autres a l’enregistrement : il ne voulait tout simplement pas s’encombrer d’un bagage en plus pour les deposer…

Ca y est, nous sommes en Asie, ou la mefiance occidentale exarcerbee est plutot inutile…

 

A tres bientot

Orchha et Varanassi

Le 30/10/2010

Le 23/10 Nous sommes partis pour Orchha ou nous avons trouvé un agréable hôtel, Ganpati Guesthouse,  avec une vue saisissante sur les puissantes fortifications de la ville, et dont le patron est très accueillant et serviable.Le 24/10 Enfin un peu de détente… Nous avons pris notre temps et sommes allés visiter le Rajah Mahal et le Jahangir Mahal, deux palais du XVIII siècle, à l’architecture islamique (comme le montrent les arches en vagues) dans un complexe fortifié où se nichent des vautours. Ils ne sont pas très bien entretenus mais il reste quelques jolis plafonds fleuris et des fresques du Ramayana (épopée mythologique).

Le 25/10 Nous avons enfourché à nouveau des vélos pour nous promener dans le parc naturel d’Orchha en bordure du fleuve Betwa. Nous nous sommes élancés à l’assaut de chemins parsemés de pierres, de trous et de bosses avec nos vélos « pas du tout terrain ». Et là, au détour d’un sentier, nous avons croisé l’ANACONDA… enfin un serpent d’au moins 4 mètres de long et de 12 cm de diamètre (selon Albin). Fidèle lecteur à l’âme sensible… tu peux continuer à lire, car le reptile, aussi surpris que nous, et vif comme l’éclair, s’est empressé de rejoindre les berges de la Betwa.  Notre ballade nous a ensuite conduit vers quelques ruines de temples et cénotaphes. Ce fut la journée la plus dangereuse de notre périple jusqu’ici… car notre histoire ne s’arrête pas là. Le soir, pour nous rendre à la gare, nous avons pris pour la première fois un rickshaw (appelé aussi touk touk), engin à moteur à trois roues avec un toit mais sans portes et avec un tout petit pare-brise avant.  Dans la nuit noire, l’engin, au bon gré des cahots de cette route de campagne, se faisait klaxonner et dépasser par presque tous les véhicules, gros camions y compris. Frissons garantis !!!

Le 26/10 Après une nuit (un peu difficile) en wagon-lit, nous sommes arrivés à Varanassi (Bénarès), LA ville sainte d’Inde, bordée par le Gange, ce fameux fleuve sacré. Du monde… de la circulation … du bruit … de la pollution… à la fois  à la gare, où les rickshaws se bousculent et nous pressent d’emprunter leur véhicule, et dans les rues, de plus en plus étroites au fur et à mesure que l’on s’approche du vieux centre, appelé Chowk. Aucun doute, on est bien en Inde.  Nous avons trouvé un hôtel abordable avec une vue majestueuse sur le Gange depuis le restaurant sur le toit.  Les dédales encombrés de gens, vaches et ordures nous ont menés jusqu’au Ghât  Manikarmina, dévolu aux cérémonies de crémation en plein air. C’était une expérience impressionnante. Ici, dit-on, le feu ne s’éteint jamais. Sur une plateforme bordée par le Gange brûlent des dizaines de bûchers.  Le foyer dédié à Shiva  permet  de chercher la braise nécessaire pour allumer tout les bûchers.  Mourir, brûler à Varanassi et voire ses cendres dispersées dans le Gange est le vœu le plus cher des croyants car cela permet de voir son âme monter directement au ciel sans passer par le cycle sans fin des réincarnations.Petit résumé de la cérémonie funéraire :

- Le corps du défunt est d’abord embaumé de nombreuses huiles parfumées puis entouré d’un linge blanc et enfin recouvert de draps colorés et/ou de fleurs. 

- Seuls les hommes de la famille emmènent le corps au lieu de crémation, car les pleurs des femmes dérangeraient le repos de l’âme du défunt. C’est également pour éviter qu’elles se se sacrifient sur le bûcher.

- Certains hommes se rasent la tête, en fonction de leur lien de parenté avec le défunt.

- Le corps, sur une civière en bambou, est plongé dans le Gange pour le purifier.

- Il est ensuite déposé sur le bûcher constitué d’au moins 300 kilos de bois (il faut 350 kilos et 3 heures pour une crémation parfaite). 

- Le parent mâle le plus proche met le feu au bûcher après avoir tourné 5 fois autour, pour symboliser les 5 éléments (la terre, l’eau, le feu, le vent et le ciel). 

- Le cadavre brûle lentement, sans dégager d’odeur particulièrement forte. Il paraît que c’est une des 3 propriétés de ce lieu conférées par Shiva. Les deux autres : le feu brûle toujours même s’il pleut et le bois arrive toujours à brûler même s’il est mouillé.

- Les intouchables, seuls autorisés à manipuler les corps, activent le feu avec des grandes cannes de bambou.

- Le parent le plus proche met fin à la cérémonie en versant une jarre d’eau du Gange par-dessus son épaule droite.

- Les cendres du défunt son ensuite confiées au Gange.

Les sadhus (religieux), les enfants jusqu’à 13 ans, les femmes enceintes, les personnes mordues par un serpent, les malades morts de la variole et les animaux sacrés, considérés comme purs, ne sont pas brûlés mais directement immergés dans le Gange.

Nous avons ensuite fait une promenade en barque, au soleil couchant. C’est un spectacle magique que de voir toutes ces barques passant lentement devant les ghâts où se rassemblent les fidèles pour des ablutions, des prières, etc. Magiques aussi ces centaines de petites bougies qui dérivent sur le fleuve sacré portant avec elles l’espoir de jours meilleurs.  Nous nous sommes enfin arrimés à une vingtaine d’autres barques pour voir la cérémonie sacrée du Puja, en l’honneur du Gange, qui a lieu tous les jours vers 18h30. De jeunes prêtres brahmanes, habillés de rouge et d’or, accomplissent un rituel, tournés vers le Gange : « la cérémonie du feu », avec de l’encens et des chandeliers enflammés. Pour vous conter un peu l’ambiance, ajoutez le les chants sacrés, les tintements de clochettes et les percussions de tambourins. 

Le 27/10 – Varanassi - Après avoir visité une école pour enfants défavorisés et y avoir laissé quelques stylos, nous nous sommes promenés le long des ghâts. Nous avons regardé le spectacle très vivant des bateliers, des personnes faisant leur toilette,  se baignant, lavant leur linge, faisant leur prière, nettoyant les marches des ghâts recouvertes de boue, ou bien encore ces énormes buffles s’immergeant jusqu’au cou pour se rafraîchir un peu. Un spectacle éprouvant aussi, lorsqu’on distingue par hasard les contours d’un nouveau-né flottant près de la rive…

Les ruelles du Chowk méritent bien une petite description. Leur architecture est dénuée de logique et leur aspect tragiquement pittoresque. Elles sont tellement étroites qu’il est parfois difficile de s’y croiser à deux. Elles sont magnifiquement décorées de détritus où les fleurs fanées des offrandes viennent  finir leur vie, le tout agrémenté de délicieuses effluves de bouse de vache et d’urine. Avant de rejoindre la gare, nous avons goûté à deux glaces locales aux épices : la kesar pista, et la kulfi accompagnée de ses minis nouilles sucrées. 

A la gare, nous avons croisé un acteur sud coréen avec qui nous avons un peu échangé sur l’industrie du cinéma et sur son pays. Dans le train, nous avons discuté avec un couple de journalistes TV indiens (Zee News), des gens ouverts et très cultivés avec un très bon niveau d’anglais. Nous avons parlé du Cachemire, des mœurs au Rajasthan, des minorités rejetées en comparant l’Inde et la France, du contraste entre campagne et vie citadine, du métro flambant neuf de Delhi, et d’une ville près de Darjeeling où soit disant il pleut tous les jours de l’année. 

Du Taj au Kama

Le 25/10/2010


Namaste,

Le 21/10, ce fut de loin la meilleure journée de notre séjour jusque là. Le matin, nous sommes allés visiter à vélo la réserve naturelle ornithologique du Keolado Ghana National Park qui abrite de nombreux oiseaux migrateurs.  Qu’il est doux de se promener au petit matin, loin du bruit et de la poussière, au milieu de la verdure, avec une légère brise, et de découvrir des centaines d’oiseaux (grues, hérons, cigognes, perruches, oiseaux bleus dont le nom nous échappe). Qu’il est agréable de voir apparaître, entre deux buissons offrant une vue dégagée sur le lac et ses berges, des renards,  cerfs et biches aux aguets.  C’était bien mieux que Ranthambore !
A midi, nous sommes arrivés à Fatepuh Sikri, villes non loin d’Agra, pour admirer la mosquée construite par le roi moghol Akbar au 16ème siècle. Toute en grès rouge, cette mosquée est splendide et immense : sa porte d’entrée principale (porte de la victoire) est gigantesque (plus de 50m de haut). Au milieu de la mosquée, un temple tout en marbre blanc se détache : il abrite une tombe magnifique toute en nacre. Derrière la mosquée, nous avons pris un petit chemin et avons atteint une drôle de tour, ornée de centaines de défenses d’éléphant en pierre. Impressionnant !
Pour couronner cette belle journée, nous avons admiré LA Merveille : le fameux Taj Mahal. Pour la petite histoire, ce mausolée fut édifié au 17ème siècle (22 ans de construction) par le moghol Shah Jahan, petit fils d’Akbar, pour recevoir le corps de sa 2ème épouse, la perse Mumtaz Mahal, morte en mettant au monde leur… 14ème enfant ! (ils s’aimaient vraiment très fort ! ). Que d’émotion et d’enthousiasme en découvrant cet édifice à couper le souffle !  Il est incroyablement beau, pur, tout en marbre blanc légèrement transparent, avec des fleurs en pierres semi-précieuses incrustées dans ses parois, des versets du Coran autour de sa grande arche voûtée.
Le soir, nous avons visité un atelier de tailleur de marbre et d’incrustation de pierres. Un artisan/artiste nous a expliqué comment il procède. Quel travail long et minutieux : taille des plaques de marbre, taille des pierres précieuses selon des motifs délicats, gravure du marbre en suivant le contour des pierres, puis incrustation des pierres une à une à la chaux, et long polissage à l’eau salée pour donner du lustre au marbre et faire ressortir les couleurs des pierres.

Le 22/10 et le 23/10 : après une très longue journée de route (plus de 10 heures pour faire 450 kms sur des voies en très mauvais état), nous sommes arrivés à Khajuraho. Nous y allions pour admirer les magnifiques temples classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Ce sont surtout les frises sculptées sur les parois des temples qui attirent l’attention : scènes mythologiques bien sûr, scènes de guerre, mais aussi scènes de repos bien mérité…. avec des sculptures plus qu’érotiques, d’où leur surnom de temples du « Kama Sutra » (que les colporteurs essaient d’ailleurs de vendre à tours de bras à la sortie, en souvenir). Ce qui est drôle, ce sont les personnages, juste à côté des couples en plein ébat, qui se voilent à demi la face avec leurs mains mais regardent quand même…
Les sculptures sont très bien conservées malgré leur âge (10ème/11ème siècle) et le corps de la femme est omniprésent, à la fois tout en rondeurs (seins comme des ballons et petit ventre grassouillet) et très gracieux, tout en mouvement : on dirait qu’elles dansent et se détachent de la paroi ! Les temples sont mis en valeur dans un beau jardin, très soigné, tout comme le quartier autour des temples : merci l’Unesco (ça change de ne pas voir de détritus au bord de la route).
Avant de quitter Khajuraho, nous avons rejoint Tinku, un Indien de 22 ans, que nous avions rencontré la veille dans un cybercafé. Il est de la famille des Chandela, dont les ancêtres ont construit les temples. Très sympa et ouvert sur le monde, il a appris un peu le français à l’Alliance Française de Dehli et souhaitait discuter avec nous pour échanger en français. Il nous a emmené voir un autre groupe de temples, jolis mais moins bien conservés. Il nous a donné sa propre interprétation des fresques et nous a parlé de réincarnation, en nous décrivant ses vies antérieures et futures, dont il a pris conscience grâce à son gourou. Puis il nous a fait visiter son village, en nous montrant les séparations des quartiers selon les castes et en nous faisant visiter sa maison, avec sa grande salle dédiée uniquement à la prière, alors qu’ils ont peu de place pour les autres activités.
Il nous a également fait découvrir une petite école, créée par une journaliste anglaise pour scolariser les enfants pauvres des castes inférieures dont les familles ne peuvent pas payer les frais de scolarité de l’école principale. Plusieurs professeurs sont bénévoles et l’école fonctionne grâce aux dons. Il y a quelques mois, ils ont pu construire un autre bâtiment et ouvrir ainsi 3 classes supplémentaires. Les conditions d’étude sont très rustiques (les écoliers sont assis par terre et écrivent, le cahier posé sur leur « cartable » à côté d’eux), mais au moins ils ont la possibilité d’apprendre et c’est le plus important. Belle initiative !
Pour ceux que ça intéresse, l’adresse de l’école est la suivante :
Kashi Prasad Bal Vidhya Mandir School – Old Village, Khajuraho – 471606 Dist. Chhatarpur (M.P.) – INDIA
Email : kashischool2000@rediffmail.com   

De Jodpur a Ranthambore

Le 21/10/2010

Namaste,

après plusieurs jours sans connexion internet, nous voici de retour avec le récit de cette dernière semaine.

Le 13/10, Jodhpur nous avons visité le fort de Mehrangarh. La montée (un peu raide) pour l'atteindre valait le coût, nous offrant une vue imprenable sur les toits de la ville couleur indigo. L'après midi nous nous sommes rendus à Ranakpur. Au milieu de vertes collines (on a presque plus l'impression d'être en Inde) sont nichés de très beaux temples jaïns, tout en marble blanc étincelant au soleil. Le plus grand contient 1444 colonnes toutes différentes et alignées, sauf une (car l'homme n'est pas parfait) : un des plus beaux temples que nous ayons vus, clair, aérien et paisible. Sonu nous a emmené ensuite voir un coucher de soleil sur un joli lac au milieu des collines. Personne n'ose s'y baigner en raison de crocodiles (que nous n'avons heureusement ou malheureusement pas croisés).

14/10, nous sommes arrivés dans la ville la plus romantique du Rajasthan, Udaipur, construite autour d'un grand lac et entourée de collines. Au milieu, deux îles occupées par des hôtels restaurants, dont l'un est le célèbre Lake Palace Hotel, tout en marbre blanc. Nous avons visité le palais d'Udaipur avec ses jolies fresques et mosaïques, puis nous avons fait une croisière "romantique" sur le lac. Udaipur est reconnue pour n'avoir jamais été envahie ni par les Moghols ni par les Anglais. Une anecdote illustrant leurs arts de la guerre : les chevaux rajputs portaient des masques d'éléphant en cuir (avec une grande trompe) lors des batailles, pour qu'ils passent pour des éléphanteaux et ne soient pas attaqués par les éléphants moghols. Le soir, nous avons dégusté notre premier thali (photo spéciale décicace pour Catherine) : plateau en fer blanc sur lequel sont posés du riz, des chapatis (galettes moelleuses), des papads (galettes croustillantes) et de nombreux petits bols de mets salés et un sucré.

Le 15/10, après avoir visité rapidement le joli temple Jagwish, où avait lieu une cérémonie avec des chants religieux, nous avons flâné dans les bazars à la recherche de "miniatures" (peintures de petit format très précises, souvent mêlées d'or et d'argent, typique d'Udaipur). Un fait amusant : nous nous sommes fait accoster par 5 jeunes commerçants à la suite qui allaient tous, par un merveilleux hasard, exposer leurs oeuvres à Paris (Galeries Lafayette, La Motte-Piquet) ou à Aix la semaine prochaine. Quel engouement pour les peintres d'Udaipur en France en ce moment !!! L'après-midi, nous sommes montés au point le plus haut en prenant un téléphérique rustique (style station de ski des années 70), pour observer le merveilleux panorama sur la ville, le lac et les environs.

Le 16/10, départ pour Puschkar, petite ville paisible au bord d'un étang sacré, seule ville ayant un temple dédié au culte de Brahma (l'un des 3 principaux dieux avec Vishnu et Shiva), ancien repaire des babas-cool (le terme provient des babas hindous : hommes religieux très respectés en Inde). Nous avons gravi une montagne abrute (40 minutes de marches inégales et raides) pour atteindre un petit temple et surtout pour admirer la vue sur toute la vallée (encore un beau coucher de soleil...). Si vous passez par là arrêtez-vous à la petite échope juste avant la montée sur votre droite. Un jeune Brahman très sympathique nous a servi le meilleur thé épicé que nous ayons bu jusque là.
PS : ne pas aller manger au resto "little Italy" sauf pour boire un lassi à la mangue : les pizzas indiennes ne sont pas fameuses...

Le 17/10, nous avons fait une promenade à cheval qui nous a permis de découvrir les activités rurales des habitants mais qui hélas ne nous a pas réellement fait faire de l'équitation. L'après-midi nous sommes partis pour la capitale du Rajasthan, Jaipur. C'est une ville très bruyante, polluée où il y a beaucoup de mendicité; le plus marquant restant la circulation dense et anarchique.  Après avoir visité de jolis cénotaphes, nous avons assisté à notre premier festival, celui de Dussehra. Au cours de cette fête religieuse, des acteurs, déguisés en dieux ou héros mythologiques, jouent des scènes de l'histoire de Rama (7ème réincarnation de Vishnu), symbolisant la victoire du bien contre le mal : le démon Ravana. Ce dernier est matérialisé par un grand bonhomme en carton pâte (comme au carnaval de Nice). A la fin du spectacle, Ravana finit brûlé et dispersé en mille morceaux par les explosions de centaines de pétards cachés à l'intérieur. Ce moment a été aussi l'occasion de quelques frayeurs en raison de la foule dense, de jeunes indiens en majorité, qui se pressaient autour de nous, surtout de Julia...

Le 18/10 : ce matin là nous avons visité Ambert fort, non loin de Jaipur. Tout le long des crêtes des collines avoisinantes se dressent d'imposantes murailles. La majorité des touristes préfèrent monter à dos d'éléphant, c'est une véritable procession. Nous avons préférer nous abstenir...
Ce que nous avons retenu au sein de ce fort : un bel édifice tout recouvert de miroirs, de nombreux couloirs et dédales où se perdre, ainsi que le peu de fresques et sculptures. L'après-midi nous avons visité le Jantar Mantar, l'observatoire astronomique royal, avec plein d'objets/édifices étranges qui sont autant d'instruments de mesure d'une précision redoutable : le cadran solaire le plus grand donne l'heure à 2 secondes près. Nous sommes ensuite passés rapidement au Palais des vents, le Jawal Mahal, appelé ainsi en raison de son architecture permettant de faire passer des brises légères. Jolie façade, mais peu à visiter à l'intérieur. Nous avons fini par le Lakshmi temple, moderne, en marbre blanc, aux belles sculptures et aux vitraux (comme dans nos églises) représentant des scènes de la mythologie hindoue. Pour agrémenter notre soirée, nous avons assisté à notre premier Bollywood dans le cinéma mythique Raj Mandir, plus vieux ciné hindi du pays, aux décors super kitschs. Le thriller "Aaschrok" (violence/vengeance), en hindou et sans sous-titres, nous a plu et nous a agréablement surpris par son bon scénario.

Le 19/10 nous avons visité le temple des singes (dédié à Hanuman, dieu mi Homme/mi Singe) qui se perd entre deux falaises. Ce sont des temples délabrés où se promènent et se raffraîchissent de très nombreux singes. Nous sommes ensuite partis pour le parc naturel de Ranthambore. Quelle déception ! Réservation par internet incomplète, impossibilité d'acheter sur place, personnel administratif de très mauvaise volonté, tout le monde se met d'accord pour garantir le business commun : les commissions sur les Safaris (20% de plus). Le lendemain, lever à 5h00 (des vacances reposantes...) pour démarrer le safari dès les premiers rayons de soleil. Nous avons été dans une des zones du parc sans étang et sans lac, une des moins propices à la vue de tigres. De plus, nous roulions dans l'un des nombreux "canteers" (camion de 16 places à toit ouvert) bruyants, circulant dans la même zone. Nous avons attendu le tigre longtemps... mais il n'est jamais venu.
Nous avons tout de même vu quelques oiseaux (effrayés par les camions), deux cerfs et un gros lézard : quel safari!

 

du 10 au 12

Le 13/10/2010

Namaste,

Après avoir visité Bikaner, ville de taille moyenne, dotée d'un joli fort qui contient un beau palais et un musée sur les objets d'apparat des Maharajas, nous sommes partis pour Jaiselmer. C'est une ville perdue dans le désert tout droit sortie d'un conte oriental. Son fort et ses hautes murailles couleur miel se détachent au loin sur le ciel bleu intense. Dans la soirée, nous nous sommes égarés en nous laissant vagabonder dans ses ruelles odorantes,au parfum pas toujours délicat.Nous nous sommes accordés un petit moment de bonheur en essayant le massage indien (visage, "cuir" chevelu et cervicales.mmmh.) et avons découvert de nouvelles techniques (points d'énergie, petites tapes avec le tranchant de la main...).

Le lendemain, nous avons visité le palais plein de couloirs et de dédales (balcon surplombant la ville, où les épouses des seigneurs de ces terres contemplaient la ville sans être vues...) et dont la terrasse tout en haut est le point culminant de la ville et offre un magnifique point de vue. Après le palais, Sonu nous a emmené faire un petit tour dans les environs de Jaiselmer pour voir une splendide Haveli (demeure de riches marchands, somptueusement décorée avec de nombreux meubles et objets qui reconstituent la vie aristocratique), des tombes de Maharajas près d'un joli étang, et un lac parsemé de petits temples et rempli d'énormes poissons chats.

L'après-midi, sous un soleil de plomb, nous sommes partis en jeep dans le désert avec un couple de Taiwanais, Joyce and Bread, grands voyaeurs très sympathiques, pour faire (théoriquement) une belle et longue promenade en dromadaire et dormir au milieu du désert. Et voici donc notre première mésaventure. Après une demie heure de promenade dont une partie avec les chameliers tenant la bride et marchant à côté de nous (nous avions l'impression d'être des enfants sur un poney), ils nous ont arrêté sur la première dune venue pour attendre le "sunset" qui arrivait plus d'une heure après. Nous avons insisté pour faire un peu plus de ballade et ils ont fini par accepter, à contre-coeur, de la prolonger de 15 minutes... Puis des bus de touristes indiens, des colporteurs et des musiciens racoleurs sont arrivés : les dunes, un vrai havre de paix, toute la sérénité du désert pour assister au plus romantique des couchers du soleil ! Heureusement la soirée avec ses musiques et danses folkloriques et la nuit à la belle étoile dans les dunes ont un peu rattrapé l'après-midi décevant. Nous avons rarement vu autant d'étoiles, surtout filantes.

Aujourd'hui (12/10), départ pour Jodphur, la ville bleue. C'est une grande cité très animée, bruyante, bourdonnante et très polluée. Nous avons goûté au délicieux Lassi Makhania, lassi au safran (épice typique des environs), crémeux et qui se déguste à la petite cuillère comme un yaourt. ENsuite nous avons appris à différencier le vrai du faux Safran dans une petite boutique et avons enfin compris pourquoi cette dernière est l'une des épices les plus chères au monde : il faut 75 000 fleurs de Crocus cueillies à la main puis séchées pour faire seulement une livre de safran !