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Premiers pas en Amérique du Sud

Le 22/03/2011

 Bonjour à tous,

Nous sommes actuellement en Argentine, à Buenos Aires, ville animée, ville à vivre plutôt qu’à visiter. C’est une très grande cité, pas particulièrement belle, mais où il fait bon se promener et sortir. Nous avons profité de ce séjour pour prendre nos premiers cours de tango, dans des milongas (salles de bal) traditionnelles où Argentins et étrangers se mêlent dans un tourbillon rythmé et sensuel. Une très bonne expérience, que nous essayerons de reproduire à Paris.

De manière générale, nous apprécions beaucoup l’Argentine pour ses grands espaces, ses paysages variés, et la convivialité, l’accueil chaleureux des Argentins. Les gens sont très détendus, prennent le temps de vivre (et de faire la sieste : en dehors de Buenos Aires, les magasins et musées sont généralement fermés entre 14h et 18h). Cela a néanmoins quelques revers : un certain laxisme dans les horaires, dans la qualité des prestations touristiques, une désorganisation, beaucoup d’attente pour tout (transports, restaurants, magasins, poste, …).

Il fait généralement très beau, des températures douces, un temps très ensoleillé mais pas trop humide, trop lourd. Nous découvrons avec plaisir la gastronomie argentine : bons vins, bonne viande à la parrilla, humitas (spécialité à base de maïs et fromage de chèvre), empanadas (chaussons fourrés - à la viande, aux épinards, au fromage,...), pizzas, pâtes, glaces (tradition italienne), et le fameux dulce de leche (sorte de confiture de lait déclinée en de nombreuses pâtisseries)...

Globalement, c’est un pays où l’on se sent en vacances, et nous avons du mal à réaliser que celles-ci prennent fin dans moins de 2 semaines… Ce périple de 6 mois est passé trop vite.

Nous décrirons en détails notre périple en Argentine (et notre passage au Chili) plus tard.

En bref, après avoir traversé les Andes par la route de Santiago à Mendoza, nous avons remonté en premier lieu la frontière ouest de l'Argentine, en longeant les Andes, jusqu’à Salta, pendant 2-3 semaines. C'est d’abord une belle région viticole avec des oliviers, des platanes et même parfois de la lavande, qui nous fait un peu penser à la Provence ; puis (en remontant vers le Nord) une région montagneuse. Nous avons ainsi visité plusieurs gorges incroyables (canyons avec plein de cactus, rougeâtres ou multicolores), ainsi que les grandes salines, au Nord de Salta, très impressionnantes.

 

 

 

Nous avons passé ensuite une semaine en Patagonie. D’abord à El Calafate, où nous avons fait du cheval dans la pampa et marché en crampons sur un gigantesque glacier, le Perito Moreno, aux reflets bleutés. Puis à El Chalten, où nous avons randonné près de monts enneigés (tels le Fitz Roy) et de lacs où flottent des icebergs.

 

 

 

Après Buenos Aires, nous partirons dans le Nord-Ouest, près de la frontière brésilienne, admirer les gigantesques chutes d’Iguazu et la forêt amazonienne. Le retour à la réalité de nos vies parisiennes risque d’être difficile…

 

Sinon, nous voulions rattraper un peu notre retard et partager nos aventures au Pérou, de mi-janvier à début février.

Le Pérou, notre premier pays d’Amérique du Sud, présenta un grand changement par rapport à la Nouvelle-Zélande. Celui-ci aurait probablement été moins radical si nous avions commencé par la capitale Lima, mais nous avons décidé de découvrir en priorité Cuzco et ses environs (où nous sommes restés près de 2 semaines). Nous avons beaucoup apprécié le dépaysement offert par ce pays, à la fois en termes d’environnement et de culture.

Changement en termes de paysages d’abord : les Andes sont très différentes des montagnes néo-zélandaises. On y trouve des monts « torturés », des rivières et fleuves impétueux, des plateaux immenses recouverts de végétation, des vallées fertiles parsemées de villes coloniales à l’architecture hispanique, construites avec les pierres des édifices incas.

Changement culturel ensuite : c’est une région peu occidentalisée, berceau de la civilisation inca. Nous avons admiré de nombreuses ruines et appris quelques éléments sur cette grande civilisation disparue. Les Péruviens des alentours de Cuzco sont pour la majorité d’origine quechua. C’est un des endroits d’Amérique du Sud où il y a eu le moins de brassage de la population. Les habitants ont donc conservé de nombreuses traditions ancestrales, à la fois dans leurs vêtements, leur artisanat, leurs coutumes, qu’il est très intéressant d’observer. Ils sont très typés : petits, peau mate, nez arqué. Leurs vêtements sont colorés, ils sont nombreux à utiliser notamment des draps de coton épais (roses, jaunes, verts vifs) pour porter des charges lourdes, et on peut voir beaucoup de femmes avec de petits chapeaux melons caractéristiques.

 

 

 

Enfin, (et malheureusement), changement en termes de relations avec la population : nous n’avons eu que des rapports distants avec les Péruviens, n’avons pas pu tisser de liens, principalement en raison de la barrière de la langue (nous ne parlons que 3 mots d’espagnol, et eux-mêmes parlent très peu anglais, même dans les lieux touristiques). Nous avons donc échangé principalement sur des sujets de première nécessité (sauf pendant notre trek sur le chemin des Incas, décrit plus tard).

 

Nous sommes arrivés à Cuzco le 21 janvier, après presque 48h de transport depuis la Nouvelle-Zélande (long vol pour traverser le Pacifique plus escales de plusieurs heures à Santiago et à Lima). C’est une ville qui nous a particulièrement plu. Nous avons survolé les Andes parsemées de neige avant de l’atteindre. Cuzco est une ville très étalée (350 000 habitants), construite au milieu d’une vallée verdoyante et sur les flancs de collines (d’où des rues qui grimpent facilement dès qu’on s’éloigne du centre), et entourée de nombreux champs, qui forment un véritable patchwork de jaunes et de verts depuis l’avion.

Ancien cœur de l’empire inca, Cuzco se situe à mi-chemin entre les traditions andines séculaires (influences quechuas) et la vie moderne péruvienne (influences européennes, espagnoles). C’est une splendeur coloniale construite sur les fondations massives des ruines des édifices incas. On y trouve des ruelles pavées, de jolies places, de très beaux bâtiments coloniaux, notamment de nombreuses églises et la gigantesque cathédrale (100 ans de construction) sur la grande « Plaza del Armas ». Celle-ci est entourée d’arcades et de demeures blanches aux balcons de bois colorés. Au milieu flotte le drapeau multicolore de « l’arco iris » (arc-en-ciel), symbole sacré pour les Incas.

 

 

 

Cuzco serait la plus vieille cité qui ait été habitée (de façon continue) en Amérique du Sud. Une légende quechua dit qu’au 12ème siècle, le 1er empereur inca, Manco Capac, a été chargé par le dieu du soleil, Inti, de trouver une terre pour s’établir : ce serait à l’endroit où son bâton sacré (appelé «navette de la terre » - en quechua : « qosq’o »), donné par le dieu, s’enfoncerait dans la terre, et ce fut à Cuzco. Du 13ème au 16ème siècle, avant l’arrivée des Espagnols, se sont succédés une douzaine d’empereurs incas qui ont fait de cette ville leur capitale et ont étendu l’Empire Inca jusqu’au Chili, en Bolivie et en Équateur. Le plus connu fut le 9ème, Pachacuteq, héros de guerre et fin stratège (il a tissé de nombreuses alliances pour dominer et étendre son influence sans se battre) mais aussi urbaniste de génie : il a donné à la ville sa forme de puma (animal sacré pour les Incas) et a modifié le cours des rivières pour qu’elles traversent la ville. Les conquistadors sont arrivés au début du 16ème siècle au Pérou, et, après avoir tué le 12ème empereur, Pizarro a envahi Cuzco en 1533. Après quelques rebellions incas, maîtrisées, la ville est restée tranquille et les conquistadors ont établi leur capitale à Lima. C’est la découverte du Machu Picchu au début du 20ème siècle qui a bouleversé le rythme indolent de la cité et lui a redonné de l’importance (économique). 

 

C’est aussi une ville d’altitude (3 300m). A notre arrivée, nous avons senti tout suite le climat de montagne (15°C la journée, 6-8 °C la nuit – sans chauffage à l’hôtel – d’où nuit en pull avec 4 couvertures…) et la raréfaction de l’oxygène : gorge sèche, difficultés à respirer, fatigue au moindre effort (nous avions l’impression d’être des petits vieux, tout essoufflés après avoir grimpé un escalier). Le temps était plutôt gris, et pluvieux par moments : nous étions dans la période dite de « l’hiver bolivien» où il fait doux par rapport au reste de l’année mais où les nuages et la pluie sont très courants.

Pour les routards, nous conseillons le petit hôtel sans prétention où nous avons séjourné pendant une dizaine de jours : hôtel El Sol sur la Place San Francisco (n° 162). Les chambres ne sont pas très grandes ni très bien entretenues, mais elles ont une SDB, la TV et ne sont pas chères (négociation à 40 pesos la nuit). Le personnel est très sympathique et l’hôtel est bien situé (pas loin de la place centrale et entouré de restos à prix raisonnables).   

Les premiers jours de note arrivée, nous nous sommes beaucoup reposés pour nous acclimater à l’altitude et en raison de la fatigue liée au décalage horaire. Nous nous sommes promenés dans la ville et avons fait quelques achats pour préparer le trek du « chemin des Incas » : bâtons de marche (pour mieux aborder les nombreuses marches de pierres irrégulières), pulls en alpaga (pour nous tenir chaud en haut des monts exposés au vent) et surtout feuilles de coca à la saveur amère, déclinées de plusieurs manières (à rouler et sucer, en infusion, bonbons, gâteaux secs), pour lutter contre le « mal des montagnes » (maux de tête sévères, difficultés à respirer, moindre résistance à l’effort). 

Nous avons également profité de ces quelques jours pour goûter aux spécialités locales, notamment lors de menus du jour, très économiques, qui consistent en une petite entrée, une soupe et un plat copieux (de quoi être largement rassasiés). Quelques exemples : soupes d’avocat, de maïs, de quinoa (céréale traditionnelle des Andes), à la criolla (vermicelles et oeufs), risotto de quinoa, steak d’alpaga (goût entre le poulet et le bœuf), ceviche (poisson ou fruits de mer marinés dans du jus de citron, servis froid en salade avec différents aromates finement ciselés – oignons, persil…), et…cochon d’Inde ! (goût un peu fumé comme le cochon mais en beaucoup moins gras, chair tendre, légère comme le lapin, mais beaucoup moins sèche).

 

 

 

La fin du mois de janvier a donc été l’occasion de notre 2ème randonnée de plusieurs jours (après le Kepler track en Nouvelle-Zélande) : le trek du chemin des Incas. C’est la randonnée la plus célèbre d’Amérique du Sud. D’une longueur de 43km, elle suit sur une partie le chemin emprunté à l’époque par les Incas pour aller de Cuzco au Machu Picchu. C’est une randonnée assez difficile bien que courte car il y a de nombreuses montées et descentes, trois cols à passer (dont un à 4200m très exposé au vent), une raréfaction de l’oxygène avec l’altitude et des milliers de marches, très hautes et inégales. De plus nous portions un gros sac à dos rempli d’affaires chaudes pour 4 jours. L’itinéraire initial a été modifié le 3ème jour : nous ne pouvions camper au-dessus du Machu Picchu à cause de risques d’éboulements. Nous avons donc dû descendre jusqu’à la petite ville touristique d’Aguas Calientes pour y passer la nuit (soit 24km quasi-uniquement de descente, un bonheur pour les genoux et les mollets, surtout pour une 3ème journée de marche. Julia a d’ailleurs dû « se droguer » aux antidouleurs et anti-inflammatoires pour finir le trek, et gambadait alors gaiement…)

Enfin, c’était la saison des pluies, donc le sol était glissant, il y avait de la boue dans les sites de camping, il faisait froid surtout la nuit (cela faisait longtemps que nous n’avions pas dormi aussi collés-serrés toute une nuit, pour nous tenir chaud). Nous étions tout le temps trempés (nos affaires ne séchaient pas la nuit dans la tente à cause de l’humidité et du froid), et les paysages étaient parfois masqués par le brouillard.

Toutefois, nous ne regrettons pas cette randonnée malgré tous ces désagréments. Les paysages, lorsqu’ils n’étaient pas cachés par la brume étaient spectaculaires : monts verdoyants aux pentes très prononcées et aux formes torturées, forêts épaisses, lacs sombres, tunnels creusés dans la roche, et surtout de nombreuses ruines incas sur le chemin, aux noms qui transportent hors du temps (Llacpata, Wayllabamba, Runkurakay, Sayaqmarka,…). La plupart des sites que l’on voit sur le chemin étaient des sortes d’aires de repos de voyageurs et messagers leur permettant de se ravitailler (on peut admirer les restes de nombreux bâtiments de stockage).

 

 

Notre guide Simba, quechua, bon anglophone, était très intéressant, jamais avare d’informations, de détails sur la flore locale et sur l’histoire des sites incas. De plus, nous sommes contents d’avoir relevé ce défi physique, et ce, sans l’aide de pauvres porteurs péruviens en tongs, contrairement à de nombreux autres touristes (dont quasiment toutes les filles qui faisaient la randonnée). Nous étions un groupe de 10 personnes et avons rencontré des jeunes sympas, de différents horizons (Suisse, Brésil, USA, Turquie). Enfin, la logistique de la randonnée était très bien organisée : le campement était installé quand nous arrivions, les repas chauds, variés et assez bons ; et nous avions le droit à une infusion de coca tous les matins en nous réveillant, directement apportée à l’entrée de notre tente.

Le 4ème jour de cette expédition était son apogée : la visite du Machu Picchu. Mais admirer la plus célèbre des ruines incas se mérite. Nous étions à l’arrêt du bus qui dessert le site à 4h30 du matin pour être sûrs de faire partie des 400 premiers touristes à entrer dans le site. Cela permet d’obtenir un tampon spécial qui donne l’autorisation de grimper sur le mont qui fait face au site, le Wayna Picchu.

Lorsque nous avons découvert cette nouvelle merveille du monde, classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco, nous avons été impressionnés par :

- sa localisation (à 2400 m d’altitude, entourée de monts aux pentes vertigineuses et surplombant plusieurs vallées où serpente le grand fleuve Urubamba),

- son imposante architecture (grands blocs de pierres de granit blanches-grises, murs avec une surface plus importante à la base qu’au sommet – pour résister aux séismes),

- ses dimensions (172 constructions de 530m de long sur 200m de large),

qui lui confèrent un air de grandeur et de mystère.

Nous avons contemplé les dizaines de terrasses qui descendent sur le flanc de la montagne, pendant que notre guide nous racontait l’histoire du site.

 

 

 

Son nom vient de « machu » (« vieille » en quechua) et de « picchu » (« montagne »), mont près duquel le site a été construit par le grand empereur inca Pachacuteq, vers la moitié du 15ème siècle. Il y a de nombreuses spéculations sur le but et la fonction du Machu Picchu, d’autant plus que le site n’a jamais été mentionné directement par les conquistadors dans leurs chroniques. Il aurait été une des résidences de Pachacuteq. Les grandes constructions, la qualité du travail de la pierre, le caractère cérémonial de la principale voie d’accès et les nombreux temples démontreraient que le lieu fut (aussi) utilisé comme sanctuaire religieux.

Il devait avoir une population comprise entre 300 et 1000 habitants appartenant vraisemblablement à une élite. Le travail agricole était effectué par des paysans déplacés de force et issus de différentes régions conquises par l’empire. Par ailleurs, le Machu Picchu ne peut pas vraiment justifier le mythe de « cité perdue » qu’on lui attribue souvent. En effet, à l’époque, les vallées avoisinantes étaient très peuplées, contenaient de nombreux centres administratifs et des complexes agricoles avec des cultures en terrasses. De plus, le site était relié aux autres régions de l’Empire par un réseau de 8 grands chemins.

Le Machu Picchu a perdu de son importance à cause du désintérêt des empereurs successifs, de l’ouverture d’un chemin plus sûr et large entre deux grandes cités incas, Ollantaytambo et Vilcabamba, et surtout de l’arrivée des Espagnols. La résistance inca appela les nobles de la région à rejoindre la cour en exil à Vilcabamba. Peu à peu, la région s’est dépeuplée. Les Espagnols connaissaient le lieu mais rien n’indique qu’ils se rendaient compte de sa puissance passée. Le Machu Picchu est devenu un lieu à part, éloigné des nouvelles routes et axes économiques du Pérou.

Sa (re)découverte date de 1860 par un prospecteur de mines allemand, suivi par plusieurs historiens/archéologues. On considère cependant que c’est Bingham, de l’Université de Yale, qui l’a réellement redécouvert. Celui-ci effectuait des recherches sur la ville perdue de Vilcabamba, le dernier refuge des Incas, et pensa d’abord qu’il l’avait trouvée au Machu Picchu. Ce sont des paysans qui vivaient là et utilisaient encore les constructions pour se ravitailler en eau qui le conduisirent jusqu’à la zone urbaine en friche. Il fut très impressionné par ce qu’il vit et sollicita Yale et le gouvernement péruvien pour commencer rapidement l’étude scientifique du site. Son livre « Lost city of the Incas » a rendu le site célèbre dans le monde. Il a été le premier à reconnaître l’importance des ruines, à les étudier avec une équipe multidisciplinaire er à divulguer les résultats. Soit dit en passant, de nombreux objets issus du site ont été sortis du pays par les Américains, et le Pérou tente de les récupérer depuis des années… Normalement, l’Université de Yale devrait rendre sa collection au Pérou en 2011, pour le centenaire de la redécouverte du site.

Le Machu Picchu est divisé en 2 grands secteurs : la zone agricole, formée par un ensemble de terrasses de cultures, qui se trouve au sud, et la zone urbaine au nord. Les terrasses de cultures sont tels de grands escaliers sur le flanc de la montagne. Ce sont des constructions formées par un mur de pierre et un empilement de couches de matériaux divers qui facilite le drainage en évitant que l’eau puisse miner la structure. D’autres terrasses moins larges se trouvent dans la partie basse du Machu Picchu, tout autour de la cité : ce sont des murs de soutien.

La zone urbaine est celle dans laquelle vivaient ses occupants et où se déroulaient les principales activités civiles et religieuses. Elle comprend le quartier sacré, le quartier populaire et le quartier des nobles et ecclésiastiques. Deux axes découpent la ville. Le premier est matérialisé par une place large, construite sur des terrasses à plusieurs niveaux. Le deuxième est un large escalier qui fait office de rue principale, avec une série de fontaines. A l’intersection de ces deux axes se trouvent la résidence de l’empereur, le temple-observatoire et la plus grande des fontaines. La zone sacrée est principalement dédiée à Inti, le dieu soleil. C’est là que se trouvent le cadran solaire ou astronomique et le temple du soleil.

Nous nous sommes promenés entre les ruines, avons grimpé les nombreux escaliers pour avoir des points de vue différents sur le site et contempler ses multiples constructions. Les bâtiments ont très bien été restaurés. Certains toits de chaume, comme à l’époque, ont même été reconstruits. Insolite, une prairie au beau milieu du site, où broutent des lamas.

Après la visite, nous avons entamé l’ascension du Wayna Picchu (le mont en face du Machu Picchu), une heure de marche sur des escaliers très raides et glissants, mais ça valait vraiment le coup. Tout en haut, on arrive à d’autres ruines, sortes d’observatoire, avec des marches très étroites et raides (un peu comme celles des pyramides mayas). Depuis le sommet, la vue est exceptionnelle : à 360°, sur toutes les vallées alentours, sur le fleuve Urubamba, et bien entendu sur le Machu Picchu, dont on peut distinguer (avec un peu d’imagination) une forme de condor. Il y règne une vraie quiétude depuis ce sommet perdu, à tel point qu’il y a même des gens qui font du yoga, assis en tailleur.

 

 

 

Nous sommes redescendus jusqu’à Aguas Calientes et avons repris le chemin de Cuzco en empruntant le « train des Andes », très confortable, avec une vue panoramique (fenêtre au-dessus de nos têtes) sur les paysages magnifiques. Nous avons même eu le droit à un « défilé de mode » de l’hôtesse et du steward du train pour nous présenter des lainages en alpaga de grande qualité, vendus dans le train (ils défilaient véritablement entre les sièges, applaudis par les passagers !)

Les jours suivants, nous avons fait quelques excursions aux alentours de Cuzco, dans la « Vallée Sacrée », vallée très fertile traversée par le fleuve Urubamba, où les Incas avaient fondé plusieurs centres religieux et urbains. Ils y avaient aussi développé l’agriculture en utilisant d’ingénieux systèmes d’irrigation, en construisant des terrasses pour empêcher l’érosion et tirer avantage des pentes des montagnes. Nous avons notamment visité le site de Pisaq, avec sa forteresse inca et ses édifices bien conservés. On peut observer les bâtiments servant à stocker les récoltes, des fontaines, des canalisations, et des temples montrant qu’il s’agissait aussi d’un centre religieux (toujours en l’honneur du dieu-soleil). On trouve également, sur le flanc de la montagne opposée au site, l’un des plus grands cimetières pré-hispaniques du continent. On peut voir des centaines de trous dans la roche qui sont autant de tombes où les Incas étaient enterrés en position fœtale. Ces tombes ont été pillées par les conquistadors, qui pensaient y trouver de l’or ou de l’argent mais n’y ont pas trouvé grand-chose (quelques pots de terre) car les Incas enterrés là étaient de simples « citoyens » et non des nobles (enterrés dans des lieux prestigieux, comme le Machu Picchu).

Nous avons aussi assisté à une démonstration de la fabrication artisanale de tissus péruviens, à Chinchero. C’est un petit village typique avec une communauté indigène importante, où les femmes portent encore plusieurs couches de vêtements traditionnels très colorés. La laine (de lama, alpaga) est filée à la main avec un petit rouet. Puis elle est teinte avec des colorants naturels (par exemple, pour le violet, les femmes « utilisent » (écrasent) un petit insecte, la cochonille, qui vit dans les cactus) et sa couleur est fixée par un bain salé. La laine est enfin tissée sur des métiers en bois très simples, par des femmes assises à même le sol.

 

 

 

Julia est également allée explorer seule les sites de Moray et Moras, car Albin commençait à avoir de façon prononcée le mal des montagnes.

Moray est un complexe archéologique unique, formé d’un grand nombre de terrasses agricoles en cercles concentriques, entourées d’autres terrasses de forme elliptique. Chaque terrasse fait environ 2m de haut et il y a 150m de différence d’altitude entre la première terrasse et la surface agricole tout au fond. Il s’agirait d’un centre agricole expérimental au temps des Incas, où de nombreuses variétés de maïs et d’autres grains étaient améliorées, grâce aux micro-climats créés par ces cercles concentriques (en fonction des températures, du drainage de l’eau, de l’altitude et de l’exposition au soleil). Cela permettait de développer des graines de céréales de qualité, avec un niveau élevé de nutriments, pour les exporter ensuite dans des régions moins / peu fertiles.

 

 

 

Moras est en ensemble impressionnant de mines de sel, juste à côté de Moray. Les villageois ont chacun plusieurs parcelles (d’environ 1,5m x 2,5m). L’eau de source, tiède, qui coule dans cette gorge, est naturellement salée. Les villageois ont donc créé de nombreuses terrasses et bassins peu profonds pour recueillir cette eau. Ils attendent qu’elle s’évapore pour récupérer le sel, pour leur propre consommation ou pour la vente (18 pesos les 100kg, soit moins de 5 euros). C’est incroyable de voir ces milliers de parcelles dont la couleur varie du blanc au gris : un patchwork géant !

 

 

Nous avons également visité un peu plus la ville de Cuzco. Nous sommes allés voir le symbole de la cité, la statue de Pachacuteq, un peu à l’extérieur du centre, sur un rond-point entre de grandes avenues. Il s’agit d’une impressionnante œuvre en bronze de 12m de haut et de 17 tonnes, placée sur une tour en briques colorées, de 5 étages de haut. A chaque étage de la tour, on trouve des panneaux expliquant la vie de chacun des 12 empereurs incas et quelques objets d’art et reproductions miniatures d’événements folkloriques – et même un condor empaillé. Tout en haut, il y a une terrasse qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur la ville (vraiment très étendue !). Nous avons également visité de nombreux musées qui étaient compris dans notre « bolleto turistico » (forfait valable 10 jours donnant un droit de visite dans 16 sites différents – dont les sites incas autour de Cuzco). Mais nous ne les décrivons pas : ils étaient globalement décevants car ils contenaient peu d’œuvres, d’objets et/ou étaient pauvres en explications (surtout en anglais).

 

 

 

Nous avons cherché des solutions pour quitter Cuzco dès que possible en raison du mal des montagnes d’Albin. Même si ses maux de tête avaient diminué, nous ne voulions pas prendre de risques en restant longtemps à une altitude élevée (ça peut s’avérer très dangereux). Nous avons abandonné l’idée de voir le lac Titicaca (à 3 800m d’altitude) et d’aller en Bolivie. Nous ne pouvions pas repartir par la route (par aucune route quittant Cuzco) car cela impliquait de passer forcément pas des cols à au moins 4500m d’altitude. Il nous fallait trouver un moyen de rejoindre l’Argentine, de traverser les Andes sans passer par des altitudes élevées. Un avion directement pour l’Argentine ou le Paraguay aurait été hors de prix.

Nous avons donc pris des billets d’avion pour Arequipa, à quelques centaines de km de Cuzco, vers le sud. Nous avons décidé de descendre tout au sud du Pérou, puis de traverser le Nord du Chili jusqu’à Santiago, et de là, de passer les Andes (col à 3 000m seulement). Une solution très longue mais économique, qui nous a permis d’avoir un petit aperçu du Chili.

Nous sommes donc arrivés à Arequipa le 5 février. Deuxième ville du Pérou (plus de 900 000 habitants), elle est surnommée « la cité blanche ». C’est une ville coloniale aux grands et beaux bâtiments construits en pierres volcaniques blanches très claires (sillar) qui brillent au soleil, et à l’architecture sophistiquée. Nous avons pu admirer son imposante cathédrale sur la grande Plaza del Armas, quelques églises coloniales, des couvents et des demeures bourgeoises. Ces dernières étaient ornées de belles fresques sculptées, de cours intérieures, de meubles et de décorations d’origine (18-19ème siècle).

 

Puis nous nous sommes rendus en bus à Tacna, dernière ville avant la frontière du Chili. Nous avons alors traversé des paysages désertiques, de plus en plus secs au fur et à mesure que nous approchions de la côte. C’est le début du désert de l’Atacama, un des plus arides du monde, qui borde la Côte Pacifique, du Pérou jusqu’au Chili, jusqu’au-dessus de Santiago. Tout n’est que sable à perte de vue, rochers nus : des paysages un peu « lunaires », un long chemin poussiéreux.

Tacna est une ville sans grand intérêt, hormis historique. C’est une ville « héroïque » : elle était occupée par le Chili après la guerre du Pacifique en 1880, mais ses habitants se sont révoltés et ont voté en 1929 pour appartenir à nouveau au Pérou. C’est une ville pleine de casinos et de vendeurs de jus de fruits frais car les Chiliens y viennent en masse passer leurs week-ends, mais nous avons du mal à comprendre pourquoi…

En effet, pas grand-chose à voir hormis la place des Armes avec ses palmiers et sa fontaine, sa grande arche commémorative et sa cathédrale, dessinée par Gustave Eiffel, où l’on trouve un vitrail avec le symbole franc-maçon de l’œil dans un triangle. D’ailleurs, en faisant quelques recherches, nous avons appris que de nombreuses personnalités liées aux différentes révolutions pour l’indépendance en Amérique du Sud étaient francs-maçons. Dans la suite de notre voyage, nous avons donc cherché ces symboles et en avons trouvé dans de nombreux édifices religieux, au Chili et en Argentine.

La suite de nos aventures, au Chili, dans un prochain billet…

La Nouvelle-Zélande

Le 24/02/2011

Après le récit de nos aventures au Vietnam, nous voici de retour avec celui de nos péripéties en Nouvelle-Zélande, où nous sommes restés du 30 décembre au 20 janvier.

Nous essayons de rattraper notre retard sur le site au fur et à mesure…

Après deux semaines au Pérou, nous avons traversé le Nord du Chili, jusqu’à Santiago, puis avons passé les Andes et remontons actuellement la région viticole de Mendoza jusqu’à Salta, au Nord-Ouest de l’Argentine.

Les 3 semaines que nous avons passées en Nouvelle-Zélande furent 3 semaines d’émerveillement constant, à traverser en voiture des paysages plus beaux les uns que les autres. C’est un pays où la Nature est reine, et particulièrement préservée. D’ailleurs, nous avons pu le remarquer symboliquement dès notre arrivée à l’aéroport : les passeports néo-zélandais sont noirs et ornés d’une grande feuille de fougère (comme les maillots de leur équipe de rugby), et c’est le seul pays que nous connaissons où tous les billets de banque sont systématiquement ornés d’un animal.

Les habitants font très attention à sauvegarder ce patrimoine naturel (tri, règles très strictes de sauvegarde de l’environnement dans les parcs, …). Les « Kiwis » (comme ils se surnomment eux-mêmes en raison du volatile qui n’existe que dans leur pays, et des fruits dont ils sont de très gros producteurs) sont chaleureux, très polis et serviables : plusieurs fois, alors que nous avions l’air un peu perdus dans les villes, des passants se sont spontanément arrêtés pour nous indiquer le chemin, sans même qu’on leur demande (nous n’avions jamais vu cela auparavant, sauf en Inde, pour ensuite nous soutirer de l’argent…)

Ca a été aussi pour nous le retour au calme, à un peu de confort et à une vie occidentalisée (boire enfin l’eau – délicieuse – du robinet, des lits douillets et des chambres toujours propres, des supermarchés, se faire la cuisine, pouvoir dialoguer avec tous les locaux), et à un sentiment de liberté (grâce à la voiture de location) après 3 mois d’Asie, ses excursions organisées et son tumulte (surtout en Inde et au Vietnam).

Enfin, ça a été le pays du sport et des sensations fortes : randonnées, rafting, galop sur la plage et premier saut en parachute pour tous les deux.

En bref, une vraie bouffée d’air pur qui fait de la Nouvelle-Zélande notre pays préféré jusqu’à maintenant. De ce séjour, nous allons vous raconter les grandes étapes qui nous ont marqués.

- Christchurch

Nous sommes arrivés en Nouvelle-Zélande sur l’île du Sud, à Christchurch, 2ème ville du pays avec seulement 350 000 habitants. C’est une ville paisible, assez « anglaise », traversée par la rivière Avon, avec quelques monuments et musées intéressants. Comme toutes les villes de NZ, elle est très moderne (150 ans d’existence) et ses bâtiments n’ont donc pas le cachet de nos villes européennes. Les magasins sont souvent des hangars ou des bâtiments austères, en béton. C’est très propre et bien agencé mais ça manque singulièrement d’âme. De plus, les enseignes internationales de la malbouffe (KFC, Burger King, Mac Do) et autres fast-foods sont omniprésents (comme dans tout le pays), ce qui contribue à gâcher d’autant plus le paysage, et à entraîner un taux d’obésité proche de celui du Royaume-Uni ou des États-Unis. En bref, si nous avons beaucoup aimé la Nouvelle-Zélande, ce n’est ni pour sa gastronomie, ni encore moins pour la beauté de ses villes.

 

 

 

C’était tout de même agréable de se promener dans Christchurch que l’on peut très facilement traverser à pied, pour observer sa place centrale (cathedral square) avec sa (jolie ?) cathédrale gothique et son « étonnante » sculpture moderne en métal créée pour le nouveau millénaire, mais aussi son arc de triomphe, son vieux tramway touristique,.. C’était fort sympathique de se balader le long des berges de l’Avon où des familles font des tours en barque, ou bien dans les allées de son jardin botanique de 30 hectares où l’on peut grimper aux gigantesques arbres ou jouer à cache-cache dans la magnifique roseraie multicolore. Nous avons apprécié le musée de Canterbury qui est très hétéroclite mais instructif. Il y avait toute une partie, bien faite, sur l’histoire du pays :  établissement des Maoris en NZ il y a environ 800 ans (ils vivaient principalement de la pêche, la cueillette et la chasse des moas, autruches géantes sans ailes qu’ils ont exterminées), art maori (principalement sculpture du bois), établissement des colons (habitation typique, témoignages,…), reconstitution grandeur nature des rues et magasins du 19ème siècle, mais aussi une salle très intéressante sur les explorations en Antarctique.

Nous avons aussi profité un peu de la côte en nous baladant le long de la plage de Brighton qui fait penser à celles du Nord de la France ou du Sud de l’Angleterre, avec ses grands bancs de sable presque désertés, son immense ponton et ses eaux agitées et très rafraîchissantes (15°C au maximum l’été, autant dire que nous n’avons pas essayé de faire trempette).

Notre soirée de St-Sylvestre fut tout aussi atypique que celle de Noël : après avoir dîné dans un resto-cafeteria « buffet à volonté » (très chic…), nous avons assisté à un concert en plein air sur cathedral square où, sur la scène, des crooners quinquagénaires se déhanchaient sur des chansons des années 70, puis avons admiré un incroyable ( !) feu d’artifice d’au moins 1min20s, le tout en sirotant un café glacé du Starbucks du coin (l’alcool était interdit sur la place pour éviter les débordements). Une St-Sylvestre très festive… (nous devons avouer que nous avons du mal à nous souvenir du dernier réveillon où nous n’avons pas bu une seule goutte d’alcool…)

- La péninsule Banks et le village d’Akaroa

Situées non loin de Christchurch, cette péninsule magnifique et ses collines ont été formées par deux éruptions volcaniques géantes. Nous avons emprunté une route splendide sur les bords du cratère d’origine, maintenant envahi par les eaux cristallines de l’Océan Pacifique (mais on dirait un grand lac, parsemé de petits voiliers). La côte est bordée de charmants villages, notamment celui d’Akaroa. Il s’agit du 1er site français de colonisation de la NZ et on y ressent une atmosphère de village provincial avec des rues aux noms français (Jolie, Lavaud…) et des maisons en bois colorées avec leur jardin fleuri et leur jolie clôture.

 

 

 

- La péninsule d’Otago

En descendant plus au Sud, non loin de la ville de Dunedin (sans intérêt) se trouve cette incroyable péninsule où les prairies vallonnées se jettent dans l’Océan. Nous avons pris de petites routes qui serpentent entre les prés avec leurs centaines de moutons, aux pentes parfois abruptes, pour arriver au bout du monde (ce serait a priori le lieu habité le plus éloigné d’Europe à vol d’oiseau). Tout au bout de cette péninsule on trouve une extraordinaire variété de faune : albatros royaux, pingouins, otaries, lions de mer, etc. vivent sur des plages protégées où l’homme n’a pas accès (ou sous de strictes conditions). Nous avons fait une excursion en véhicule Argos tout terrain (sorte de véhicule de golf, amphibie, avec 8 roues motrices qu’on manie grâce à un guidon) pour aller voir des lions de mer qui se doraient le pelage au soleil (et qui étaient en pleine période de reproduction : nous avons donc vu de très nombreux bébés, dont certains de très près), puis les « pingouins aux yeux jaunes », espèce très rare (nous les avons observés de loin avec des jumelles car ils sont très « timides » selon le guide, facilement effrayés par l’homme). C’était incroyable de voir ces petits volatiles nager dans les hautes vagues puis sortir de l’eau en se dandinant sur la plage pour aller ensuite se cacher dans les buissons ou grimper sur la falaise pour faire une sieste au soleil… Les gardes de ce centre ont une vraie volonté de préservation de ces espèces (nombreuses mesures de précaution pour ne pas les déranger), ce qui nous permet de les observer dans leur milieu naturel, comme nous aurions peu l’occasion de le faire ailleurs dans le monde.

 

 

 

- Te Anau et le Kepler track

Située au Sud-ouest de l’île du Sud, Te Anau est une petite ville au bord du lac du même nom (2ème plus grand de NZ), à l’orée du parc national du Fiordland. Classé au Patrimoine Naturel Mondial par l’Unesco, c’est une zone sauvage et préservée, composée de montagnes recouvertes de forêts, avec de nombreux lacs et des fiords qui vont jusqu’à la mer de Tasmanie.  

Te Anau est particulièrement paisible et c’est le point de départ de nombreuses randonnées. Nous n’y avons pas échappé : nous avions réservé dès le mois de septembre notre hébergement dans 3 gîtes de montagne pour effectuer le « Kepler track », randonnée en 4 jours d’une soixantaine de km environ, à défaut de faire la célèbre randonnée du « Milford track », dont les hébergements étaient déjà complets 6 mois à l’avance.

C’était une randonnée pas trop difficile malgré ses importants dénivelés (montée : 1000m sur 6km, descente : 800m sur 4 km), mais, le manque d’exercice depuis notre départ, les gros sacs à dos (il fallait porter vêtements secs, trousse de pharmacie, duvets et nourriture pour les 4 jours, soit environ 12 kg pour Julia et 16 kg pour Albin), le temps (très humide dès la fin du 2ème jour), les petites mouches des sables (qui piquent comme des moustiques) et les nouvelles chaussures de marche de Julia (vive les ampoules, Julia a parcouru les 3ème et 4ème jours en tongs à scratch de mauvaise qualité et en chaussettes, sous la pluie…) l’ont rendue plus ardue qu’anticipé. Par contre, nous avons été agréablement surpris par les gîtes néo-zélandais : très grands (dortoir de 60 places, séjour et cuisine de 50m²), confortables (matelas épais sur les lits, chauffage – au feu de bois) et propres.

Nous avons été récompensés de nos efforts par des paysages à couper le souffle : les montagnes Kepler aux flancs torturés (dont le mont Luxmore, 1472m, en haut duquel nous avons grimpé), les denses forêts primaires avec leur sol recouvert d’épines, leurs fougères géantes et leurs jolies clairières, différents lacs, une immense grotte, des rivières, gorges et vallées creusées par les glaciers, qu’on admirait à loisir depuis le chemin de randonnée qui passait sur les crêtes des montagnes.

 

 

 

 - Les glaciers Fox et Franz Joseph

La route qui traverse le Sud de l’île pour se rendre aux glaciers, sur les côtes de la mer de Tasmanie, est spectaculaire : nous avons roulé plus de 8h depuis Te Anau en passant par des contrées (presque inhabitées) plus belles les unes que les autres, notamment en longeant plusieurs lacs véritablement turquoises, nichés au creux de montagnes.

Nulle part ailleurs dans le monde à cette latitude on peut voir des glaciers si proches de l’océan (environ 10-15 km à vol d’oiseau, 200m d’altitude). Leur développement est dû à la pluie incessante sur cette côte de l’île du Sud (nous avons été chanceux, cela n’a pas été notre cas). La neige qui tombe se transforme en glace très claire à 20m de profondeur et descend dans la vallée. Ces glaciers sont très pentus donc la glace voyage longtemps avant de finir par fondre. Ils avancent aussi très vite (1m/jour en moyenne pour Franz Joseph, mais parfois jusqu’à 5m/jour, soit 10 fois plus vite que les glaciers suisses). 

Nous n’avons pas pu nous approcher du glacier Fox à cause de risques d’éboulement, mais c’est, de loin, un glacier imposant, une longue coulée de glace entre deux pans de montagne.

Nous avons pu par contre admirer de près Franz Joseph, après ¾ d’h de marche pour l’atteindre, sur un vaste terrain plat plein de pierres grises de toutes tailles (paysage un peu lunaire) et entouré de cascades. On peut observer comment la rivière a creusé une galerie dans le glacier, d’une grande taille et aux reflets bleutés intenses. Sur le fond bleu azur du ciel, la couleur de la glace ressortait de façon saisissante, c’était un très beau spectacle.

 

 

- Motueka et le parc national d’Abel Tasman

Avant d’arriver sur la côte Nord de l’île du Sud, nous avons traversé les gorges de Buller et nous nous sommes arrêtés à Murchison, petite bourgade campagnarde, où nous avons profité des rapides de la rivière Buller pour faire un peu de rafting (une 1ère expérience pour Julia). Les flots n’étaient pas trop effrayants, mais suffisamment agités pour éprouver quelques sensations. Nous en avons profité pour nous baigner dans les eaux (très fraîches) de la rivière (heureusement que nous avions des combinaisons) et sauter depuis les rives, à 9-10m de haut (ça nous a rappelé nos virées l’été au Riou, dans l’arrière-pays niçois).

Nous avons fêté les 28 ans de Julia à Motueka, petite ville tranquille à 20 km du splendide parc national d’Abel Tasman. C’est le parc le plus visité de NZ, et nous comprenons pourquoi : c’est un parc côtier composé de collines de marbre et de calcaire, de forêts, avec des chemins de randonnée qui passent juste au-dessus de plages dorées aux eaux transparentes (comme aux Caraïbes), qui font face à des îles désertes. Même si ces chemins sont très fréquentés, il est très agréable de s’y promener et de pique-niquer dans l’une de ses nombreuses petites criques.

Pour l’anniversaire de Julia, nous avons fait une balade à cheval de 2 heures, d’abord sur la plage à l’entrée d’Abel Tasman, puis dans des prairies. Nous étions juste tous les deux avec un guide un peu farfelu qui nous a raconté quelques détails sordides de sa vie et s’arrêtait pour discuter avec les passants. Mais bon, il a permis à Julia de réaliser un rêve d’enfant : galoper sur la plage (malheureusement toute seule, et en travers de la plage, pas le long de celle-ci au bord de l’eau, mais ça reste tout de même la plage…). C’était une grande expérience, pleine de sensations fortes : en effet, la jument était très nerveuse et rapide. Ainsi, après avoir fait demi-tour pour rejoindre la rive où attendaient Albin et le guide, la jument s’est arrêtée net lorsqu’elle a vu son maître, ce qui a propulsé Julia par-dessus elle en un (pas très gracieux) roulé-boulé-retombé sur le dos… Heureusement, pas de casse, plus de peur que de mal…   

Nous avons également profité de notre passage à Motueka pour faire le grand saut… en parachute, une première pour tous les deux. Albin en avait envie depuis longtemps (c’était le cadeau d’anniversaire de ses 30 ans par ses parents) et a offert à Julia le saut pour ses 28 ans. C’est l’un des endroits au monde où l’altitude des sauts est la plus élevée (16 500 pieds, soit environ 5 000m de haut, soit plus de 70 secondes de chute libre !). Julia avait un peu peur les 2 jours précédant le saut (et – clin d’œil à Laurence - a même pris un traitement homéopathique antistress, comme pour le permis…) mais a finalement adoré le saut, tout comme Albin.

Nous avons sauté en tandem avec un moniteur. Il fallait juste suivre ses instructions et lui faire confiance. On ressent un petit nœud à l’estomac au moment où l’on saute, mais ensuite, plus du tout d’impression de montagnes russes, simplement l’impression de voler, avec une forte pression de l’air partout sur le corps, notamment sur le visage. La chute libre est passée très (trop) vite. Puis quand le moniteur ouvre le parachute, on prend vraiment le temps d’apprécier le paysage, extraordinaire, de la baie d’Abel Tasman. Et on atterrit tout en douceur. C’était vraiment une très belle expérience, dont nous avons gardé de beaux souvenirs, de nombreuses photos, et même un film que nous pourrons vous montrer à notre retour.

- Le parc national de Tongariro et ses volcans

Nous avons passé la 3ème semaine de notre séjour dans ce beau pays sur l’île du Nord, où nous sommes arrivés par Wellington, la capitale, qui ne nous a pas laissé d’impression très forte. Sans grand charme comme toutes les villes de NZ, elle offre surtout de nombreux endroits pour sortir, des boutiques, et quelques bâtiments à l’architecture étrange, comme celui en forme d’énorme essaim d’abeille. Nous ne nous y sommes pas éternisés.

Nous sommes partis pour le parc national de Tongariro qui doit son nom à l’un des 3 volcans qui le composent, avec le Ngauruhoe et le Ruapehu, et signifie en maori « vent du sud qui s’emballe ». Créé à la fin du 19ème siècle, ce fut le 1er parc naturel en NZ, et, comme le Fiordland, il est classé au Patrimoine Mondial de l’Humanité. Les 3 volcans sont un présent à la NZ des tribus locales, seule façon de préserver un endroit d’importance spirituelle pour eux. Ce parc a été utilisé pour représenter le Mordor dans le film « Le Seigneur des Anneaux » et le mont Ngauruhoe était la « Montagne du Destin » (Mount Doom), choisi en raison de sa forme conique et de ses pentes parfaitement symétriques.

Nous y avons fait la randonnée du « Tongariro Alpine Crossing », réputée comme la meilleure marche d’une journée du pays. C’est une randonnée magnifique qui passe entre les volcans (encore actifs), le long de lacs d’un vert très intense à cause de l’acidité de l’eau (« lacs émeraudes »), à l’intérieur des cratères, au milieu de sources d’eau chaude et de fumerolles de soufre qui sortent des pentes rouges-orangées, puis qui permet d’admirer au loin le lac Taupo (ancien cratère recouvert d’eau, plus grand lac de NZ avec plus de 600km²) et descend enfin dans une épaisse forêt. Ce n’était pas une marche facile en raison des pentes raides des volcans, très exposées au vent et pleines d’éboulis difficiles à escalader (sans parler des ampoules de Julia, qui cicatrisaient encore…). Mais elle valait vraiment le coup, surtout en raison des couleurs extraordinaires. 

- Rotorua

Nous avons continué plus au Nord pour atteindre Rotorua. Destination particulièrement touristique, c’est une ville connue pour ses activités géothermales (sources d’eau chaude, geysers explosifs, piscines de boue bouillonnantes, …) et pour l’odeur de soufre qui y plane en permanence. C’est un lieu sacré pour les Maoris, qui composent d’ailleurs près d’1/3 de la population.

Nous avons visité un village thermal, Te Whaka, non loin de Rotorua, célèbre pour ses très nombreuses sources (plus de 500, qui vont de froides à bouillantes – 90°C !). La source la plus connue est celle de Pohutu (qui veut dire « explosion » en maori), un geyser qui explose 20 fois par jour à près de 30m de haut ! C’est un village composé de maisons blanches en bois, d’une petite église et d’une grande salle commune avec des totems sculptés, et dans lequel résident toujours des Maoris. Ils nous ont fait une démonstration de leurs talents avec des chants (dans un style très « vahiné ») et danses (dont la danse guerrière du hakka) typiques, dans leurs costumes traditionnels, maquillés et tatoués (peintures de guerre pour les hommes).

Une guide maorie nous a également fait faire le tour de son village en nous racontant comment ils vivent et utilisent les sources (ils font la cuisine à la « hangi », c’est-à-dire à la vapeur en utilisant directement celle qui sort de terre). Ce lieu est véritablement sacré pour eux et ils tiennent à le préserver pour les générations futures. Aussi, ils n’en font qu’une exploitation commerciale limitée (visite du village uniquement, pas de vente de produits dérivés des sources) et aiment expliquer personnellement leur mode de vie aux touristes.

A Rotorua, nous avons également visité le parc « Rainbow Springs Kiwi Wildlife Park » qui présente surtout des espèces animales et végétales endémiques de la NZ, au milieu de sources naturelles : fougères géantes, truites arc-en-ciel, anguilles, plusieurs sortes de perroquets, gros lézards, ..., et surtout le fameux kiwi. Il y a dans ce parc un grand programme de protection et de réintroduction du volatile, et nous avons fait une visite guidée des laboratoires avec incubateurs puis des « maisons nocturnes » des kiwis (très peu de lumière et beaucoup de végétation car ils sont très craintifs) où l’on peut les voir de très près. A cette occasion, nous avons appris beaucoup de choses sur cette espèce en danger, notamment qu’elle se situe à mi-chemin entre l’oiseau et le mammifère, et ce, pour plusieurs raisons, entre autres :

- le kiwi a de toutes petites ailes (évolution liée à l’absence de prédateur en NZ pendant très longtemps) mais ne s’en sert pas pour voler ;

- son plumage est constitué de milliers de petits plumes ressemblant à des poils (comme un pelage) ;

- ses os sont pleins, ses pattes très musclées et ses orifices d’oreille larges, comme ceux des mammifères (les oiseaux ont les os remplis d’air) ;

- sa température corporelle est de 38°C et il a deux ovaires, comme les mammifères (vs 40°C pour les oiseaux et un seul ovaire).

- Le village de M.

Pour finir, nous avons continué plus au Nord-Ouest. Au milieu des jolies collines verdoyantes, en pleine campagne, M. permet d’admirer les décors du village des H. (petits êtres aux pieds poilus), qui ont servi dans le film « Le Seigneur des Anneaux ». Nous sommes avares en détails car nous avons signé un accord de confidentialité nous obligeant à ne pas diffuser les photos des décors et informations récoltées lors de la visite. En effet, un film sur l’oncle du héros du « Seigneur des Anneaux » y sera tourné prochainement et les décors avaient été spécialement remontés pour l’occasion, il y a peu (et de nouveaux terriers avaient été créés). Nous avons vu notamment l’arbre gigantesque et le pré de la fête d’anniversaire de B., le moulin, le petit pont, le pub, de nombreux terriers avec leurs portes rondes (dont celui de B). Ils sont vraiment très bien faits et on a du mal à s’imaginer qu’il n’y a que de la terre derrière ces façades colorées. Il y a un sens du détail très poussé (fausse mousse sur les barrières, objets posés derrière les fenêtres, …). Pour les fans, nous avons également appris plusieurs anecdotes du tournage, mais elles doivent rester confidentielles… (section 35)

- Auckland

Nous avons quitté (avec regret) la NZ depuis l’aéroport d’Auckland, la capitale économique du pays, ce qu’on observe tout de suite par le nombre de buildings par rapport aux autres villes et la diversité culturelle dans ses rues (1,2 millions d’habitants, dont la moitié seulement est d’origine européenne). Nous avons fait une visite rapide du centre-ville, très commerçant (autour de Queen Street) et sommes passés devant l’emblème de la ville, la « Sky Tower » (avec ses 328m de haut, c’est la tour la plus haute de l’hémisphère sud) qui ne nous a pas vraiment marqués. A vous de juger.

 

 

Vietnam

Le 04/02/2011

Bonjour à tous,

Après plusieurs semaines d’absence, nous voici enfin de retour, prêts à vous raconter nos aventures au Vietnam. Nous sommes actuellement à Cuzco, au Pérou, à 3500m d’altitude : nous avons l’impression d’être des petits vieux, tout essoufflés au moindre escalier…

Mais revenons-en au Vietnam et rattrapons un peu le retard accumulé pour cause de rythme assez trépidant mais aussi, il faut l’avouer, un peu par flemme (les vacances, c’est fait pour se reposer). Julia avait promis à Catherine un récit détaillé, alors le voici…

Le Vietnam nous laissera un souvenir assez mitigé. C’est un pays façonné par une histoire riche et complexe, un vrai creuset culturel, où l’Asie moderne côtoie celle de jadis. Il y a de nombreux sites culturels et naturels à visiter et nous en avons été ravis. Mais c’est un pays beaucoup plus occidentalisé, bruyant et touristique que le Laos et le Cambodge. En 3 semaines pour descendre d’Hanoi à Saigon, il nous a été difficile de sortir des sentiers battus et nous nous sommes malheureusement retrouvés plusieurs fois dans des excursions en grand groupe (un effet du communisme ?) et/ou mal organisées (un effet du communisme ?). Il est aussi plus difficile de nouer des relations authentiques avec les Vietnamiens : ils nous ont semblé plus intéressés, mais aussi moins serviables et honnêtes, et ont même cherché parfois à nous duper. Nous avons eu l’impression que plus nous descendions dans le Sud, plus les Vietnamiens étaient ouverts, serviables mais aussi plus commerciaux (voire vénaux).

D’ailleurs, notre arrivée à Hanoi a été un changement radical par rapport à la petite capitale de Vientiane au Laos : le temps (gris, brumeux, 10°C de moins), les bâtiments (très étroits et élevés, à croire qu’ils paient un impôt sur la largeur de leur maison) et surtout l’ambiance. Hanoi est une ville très animée, bruyante et bourdonnante, avec beaucoup de monde et de scooters dans les rues, de très nombreuses boutiques. C’est un vrai mélange entre traditions et modernité : de grands bâtiments, un dynamisme économique, mais par ailleurs des petits stands de soupe/grill improvisés sur le trottoir et de nombreux vendeurs de rue en chapeau conique colportant leur marchandise via des balances suspendues à un bâton qu’ils portent sur leurs épaules.

 

 

La vieille ville fourmille d’activité commerciale : d’ailleurs, son centre historique est composé de 36 rues qui sont autant de corporations différentes (les noms des rues correspondent à chacune d’elles : tailleurs, joaillers, calligraphes, charpentiers, etc.). Ce sont les mêmes depuis des centaines d’années.

Nous avons visité Hanoi pendant 3 jours. Nous avons vu notamment :

-          Le mausolée d’Ho Chi Minh : c’est un immense monument de marbre gris élevé à la gloire du grand homme, véritable héros national qui a délivré le pays du joug de ses différents occupants. Le mausolée se trouve sur une immense esplanade (place Ba Dinh) et est entouré de slogans patriotiques géants, inscrits en rouge. Au sein de ce mausolée repose le corps d’HCM, dans un sarcophage de verre, entouré de 4 gardes immobiles en uniforme blanc. D’après le guide, ce serait le lieu de pèlerinage le plus visité au Vietnam. Il y avait donc une grande file d’attente et des consignes très strictes de sécurité. C’était assez impressionnant de voir le corps d’HCM, avec sa longue barbe blanche, tel un vieux sage, et d’observer le recueillement des Vietnamiens devant sa dépouille. 

-          Plusieurs pagodes dont la pagode Tran Quoc, la plus ancienne d’Hanoi (6ème siècle), d’où émerge une grande tour en briques à 9 étages symbolisant les étapes de la vie de Bouddha. Elle est située sur une presqu’île sur la rive du lac Ho Tay et est donc tout entourée d’eau. On y trouve une preuve de l’importance du culte des ancêtres au Vietnam : il y a de nombreuses photos de défunts de familles sans héritier mâle (qui n’ont donc plus d’autel familial pour vénérer les ancêtres). Ces photos sont confiées aux moines chargés de conserver leur souvenir.

 

 

Pour aller voir ce temple, nous avons traversé Hanoi à pied, passant entre 2 lacs (Truc Bach et Ho Tay), qui s’étalent en plein milieu de la ville, entourés de buildings, mais sur lesquels on peut faire du pédalo (en forme de cygne !) : une oasis de calme au milieu du tumulte ! En passant par des jardins publics, nous avons vu au sol des tracés de terrains de badminton. Albin a demandé à un Vietnamien qui avait des raquettes s’il souhaitait jouer. Il était partant, tout comme son copain. Ainsi, Albin s’est battu contre ces deux adversaires à la suite, tous deux quinquagénaires et dont l’un fumait en jouant. Ils étaient très adroits et Albin s’est malheureusement avoué vaincu, mais avec panache (félicité par ses adversaires et les spectateurs autour).

-          Le musée Ho Chi Minh : situé non loin du mausolée, c’est un édifice en béton très imposant, décoré en grandes pompes (alors qu’HCM prônait l’humilité…). Il est moderne et assez original avec de nombreuses « sculptures »/ « œuvres d’art » un peu abstraites qui représentent symboliquement des périodes de la vie d’HCM. Il y a aussi une reconstitution de sa maison natale (cabane très spartiate) et des couloirs de verre parsemés d’images, de tableaux, qui reflètent les différentes époques auxquelles il a vécu (Belle Epoque, Entre-deux-guerres, …) pour mettre ses actes en perspective. Ce qui nous a intéressés, ce sont les documents écrits dont le musée est riche, notamment en français (lettres et articles de journaux écrits par HCM lui-même), qui retracent sa lutte anti-colonialiste.

-          Le temple de la littérature : construit au 11ème siècle, c’est un exemple typique d’architecture traditionnelle. Il est construit tout en bois, avec des dominantes de rouge et d’or, de beaux édifices sculptés, cinq vastes cours avec une longue succession de portes et de portiques. Il est dédié à Confucius et honore les lettrés et les grands écrivains. Il abritait une université destinée à l’instruction des fils de mandarins. Dans la 3ème cours, on peut admirer 82 stèles en pierre d’au moins 2 mètres de haut, soutenues par des tortues géantes (symbole de longévité). Sur ces stèles sont gravés les noms des lauréats des concours mandarinaux qui permettaient de recruter les hauts fonctionnaires.

-          Le temple Ngoc Son, sur le lac Hoan Kiem, petit lac ovale au cœur de la vieille ville d’Hanoi, entouré de beaux arbres : on atteint ce joli petit temple par un pont en bois tout rouge et très pittoresque. Dans ce temple sont gardés les restes d’une tortue géante (plus de 2m de long, 250 kg) qui daterait du 15ème siècle et serait celle de la légende du lac (elle aurait confié à un pauvre pêcheur une épée magique pour défendre le royaume contre les envahisseurs Ming).

-          Le théâtre des marionnettes sur l’eau, où nous avons assisté à un spectacle, en plein après-midi. C’est un art vieux de plusieurs siècles, créé à l’origine dans le milieu rural. Ce spectacle nous a beaucoup plu : il était très beau, divertissant et typique de la culture vietnamienne. Il commence par un petit concert avec des instruments traditionnels, puis s’enchaînent de nombreuses petites scènes qui montrent la vie quotidienne des paysans et de leur famille grâce à des marionnettes, maniées avec une grande adresse. C’est très bien fait : les dragons crachent de l’eau, les chevaux sautent dans des cercles enflammés, … On peut voir à la fois les activités agricoles (cueillette des noix de coco), les rituels (cortège du génie tutélaire du village), les animaux familiers (combat de buffles, course de chevaux), les fêtes (chants folkloriques) et les légendes paysannes (danse du poisson transformé en dragon d’or).

 

 

-          Et enfin, le très instructif musée d’ethnographie du Vietnam : il est issu d’une coopération franco-vietnamienne et a été inauguré par Chirac (on comprend d’où il s’est inspiré pour le quai Branly !). On y apprend que le Vietnam comprend 54 ethnies différentes réparties en 5 familles ethnolinguistiques. Les Viêts représentent plus de 86% de la population.

On peut voir dans ce musée de très nombreux objets usuels de ces peuples, costumes (on apprend entre autres la fabrication des chapeaux coniques), instruments de musique, peintures, des vitrines thématiques sur le tissage, la poterie, des reconstitutions d’habitations, de cérémonies religieuses, … Tout est très bien présenté, avec de nombreuses explications et parfois des petits films. Il y a aussi une exposition en plein air avec des reconstitutions de villages typiques, à partir de maisons originales qui ont été transportées et remontées dans le parc par les artisans des villages d’où elles proviennent. La plus impressionnante est la maison commune des Bahnars, symbole du pouvoir masculin, qui a un toit de chaume très pentu de 15 mètres de haut, et qui repose sur des pilotis.

Une visite vraiment passionnante !

 

 

Ensuite, nous avons visité la fameuse baie d’Along lors d’une excursion de 3 jours. Après 3 ou 4 heures de route depuis Hanoi (dont plus d’une demi-heure d’arrêt dans un incroyable supermarché géant de souvenirs et autres attrape-touristes…), nous sommes arrivés au port de passagers de Hon Gai. Nous nous sommes alors vraiment rendus compte que cette excursion est une gigantesque manne touristique : il y avait des dizaines voire des centaines de bateaux qui attendaient dans la baie, presque tous identiques, en bois et à moteur, mais pas de belles jonques traditionnelles avec des voiles « ailes de papillons » comme dans le film « Indochine ».

Après 20 minutes de navigation, nous avons vu émerger des flots les fameux blocs de calcaire (il y en a 2000 en tout dans la baie) de toute forme et de toute taille, sous un ciel gris, embrumé, créant une atmosphère féérique et étrange. Un paysage de toute beauté : nous ne pouvions nous arrêter de prendre des photos. Il est tout à fait légitime que ces paysages aient été classés « beauté naturelle » au Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’Unesco.

 

 

 

 

Pour la petite histoire, « Along » ou « Ha Long » signifie « la descente du Dragon » : d’après la légende, celui-ci serait descendu dans la baie pour y domestiquer les courants marins. Il entailla la montagne de sa queue puis fit monter le niveau de l’eau en plongeant dans la mer. L’eau s’engouffra dans les crevasses et ne laissa apparaître que les sommets les plus élevés. En réalité, Ha Long était un immense plateau calcaire qui a été petit à petit taraudé par l’eau de pluie.

Nous avons « exploré » la « grotte de la Porte du Ciel », une grande et belle grotte pleine de stalactites et stalagmites de toutes formes, interprétées assez librement par notre guide (tête d’éléphant, crocodile, diable, vieux sage,…). Malheureusement, elle était trop aménagée pour les touristes (nombreux escaliers, lumières multicolores), ce qui lui faisait perdre de son charme. Nous avons continué à naviguer dans la baie et nous sommes arrêtés près d’un « petit port » flottant, où nous nous sommes fait accoster par des vendeurs de fruits en barque. Après un petit tour en barque à moteur sans intérêt pour voir de petites grottes peu profondes, nous avons pris des kayaks pour nous promener dans la baie et en avons profité pour tester l’eau (rafraîchissante) de la baie d’Along, d’une couleur vert foncé. Nous étions les seuls à oser nous baigner et avons beaucoup apprécié nager au milieu des blocs de calcaire.

Le bateau a encore vogué une heure et s’est arrêté au milieu de la baie pour la nuit. Le soir, nous avons été assez étonnés voire consternés par l’attitude de l’équipage. Ils se sont préparé un véritable festin, bien meilleur que le repas qu’ils nous ont servi, et l’ont dégusté sur le pont avant, devant nos yeux, accompagné de très nombreux verres d’alcool. Puis ils ont décidé de faire un karaoké toute la soirée (chansons d’amour vietnamiennes très langoureuses), ce qui a eu le mérite de faire fuir les passagers sur le pont du dessus, prenant leur mal en patience…

Le lendemain, le bateau nous a déposé sur l’île de Cat Ba, la plus grande de la baie, pour découvrir le parc naturel de l’île, sensé être particulièrement beau et sauvage. Mais nous n’en avons pas vu grand-chose… Nous avons fait un « trek » d’1h30 aller-retour, en même temps que l’équivalent de 2 gros bus de touristes, pour grimper en haut d’un mont. Ca permettait effectivement d’avoir une assez belle vue d’ensemble sur le parc, mais nous n’avons pas profité du tout de la promenade : trop de monde, des pentes glissantes, des escaliers et des rampes rongés par la rouille voire hors d’usage. Un périple dangereux pour 5 minutes de belle vue avant de redescendre…

L’après-midi, un bateau nous a emmenés à « l’île des singes », appelée ainsi en raison des nombreux petits primates gris, plutôt agressifs, qui attendent sur la plage de sable blanc que les touristes leur donnent à manger (ou de leur voler de la nourriture…). Nous en avons vu boire des canettes (même de bière !) mais aussi grimper sur le dos et griffer une touriste croyant qu’elle avait de la nourriture dans la main, ce qui était dangereux étant donné le risque de maladie. L’eau étant sale et froide, nous ne nous sommes pas baignés mais avons escaladé un gros bloc de calcaire entouré de forêt pour avoir un beau point de vue sur l’île et ses environs.

Le soir, nous nous sommes promenés dans les rues sans intérêt de la très touristique et laide ville de Cat Ba, avec ses nombreux hôtels particulièrement étroits et tout en hauteur et sa myriade de marchands de perles. Nous avons été étonnés par les limules (ou « crabes Sam »), qu’on pouvait voir dans des aquariums devant les restaurants. Ce sont de gros crabes avec une carapace verte qui ressemble à un casque futuriste, et avec une longue et fine queue qui traîne à l’arrière comme une antenne. Apparemment les Vietnamiens et les Chinois en raffolent, mais nous n’y avons pas goûté.

Après Hanoi et ses environs, nous sommes partis en bus de nuit (particulièrement inconfortable) à Hué, l’ancienne ville impériale, située au centre du Vietnam et qui s’étend au bord de la rivière des Parfums. Cette ville est inscrite au Patrimoine Mondial de l’Humanité pour sa citadelle et ses tombeaux impériaux aux environs. C’est une ville paisible, culturelle, capitale du pays sous la dynastie des Nguyen (13 empereurs, de 1802 à 1945).

Nous avons visité la cité impériale (malheureusement sous la bruine), seul exemple d’une ville impériale du Vietnam existant encore aujourd’hui. Construite au début du 19ème siècle par Gia Long, le fondateur de la dynastie Nguyen, elle s’inspire beaucoup de l’architecture des palais impériaux chinois. Nous avons apprécié les jolis bâtiments en bois ouvragé et laqué, aux dominantes de rouge et or, notamment le palais du trône avec son toit de tuiles patinées, sa charpente finement sculptée et sa salle aux 80 colonnes peintes de dragons et autres motifs mythologiques. Malheureusement, de nombreux bâtiments ont été détruits par l’offensive du Têt en 1968, ce qui donne parfois une impression de terrain vague. Mais nous avons aimé nous promener dans les jardins agrémentés de kiosques colorés et de buissons en forme de tortues géantes.

Nous avons également eu un aperçu des environs de Hué par une excursion d’une journée à bord d’un bateau à moteur agrémenté de 2 têtes de dragon à l’avant. Nous sommes passés à la pagode bouddhiste de Thien Mu avec sa tour octogonale de 7 étages qui représentent les 7 réincarnations de Bouddha. Notre guide nous a alors appris qu’il n’y a que 5 millions de Bouddhistes au Vietnam, le reste de la population vénérant les esprits et vouant un culte aux ancêtres. Puis nous avons assisté à une démonstration de Kung Fu : des apprentis et leur maître nous ont montré leurs talents, en se battant, en faisant des chorégraphies impressionnantes, en cassant des briques avec le tranchant de la main, et enfin – clou du spectacle – en appuyant tout leur poids sur une lance pointue posée à même la gorge pour la faire plier. Incroyable !

 

 

Enfin, nous avons visité trois mausolées impériaux. Ce sont de vraies « résidences » à la campagne, parfois de plusieurs hectares, construites pour le bien-être des empereurs dans l’au-delà, des palais luxueux élaborés selon des études de géomanciens pour être en harmonie avec la nature, et entourés de paysages verdoyants. Dans tous les mausolées, on trouve une vaste esplanade avec des statues de mandarins et leurs montures (éléphants et chevaux), une stèle racontant la vie de l’empereur, un temple dédié et un tombeau dans son enclos. Ils sont souvent entourés de beaux arbres et de plans d’eau artificiels (étangs, canaux).

Nous avons également profité de notre passage à Hué pour tester la fameuse cuisine impériale, très réputée (pour les routards : restaurant Y Thao Garden, au sein de l’enceinte de la cité impériale). C’était, pour 12$, un vrai repas gastronomique, avec 8 plats, un régal pour les yeux comme pour l’estomac. Par exemple, en entrée, nous avons eu le droit à de délicieux mini-nems piqués sur un ananas qui représentait le corps d’un paon dont la tête et la queue étaient formées de carottes très finement ciselées.

Après Hué, nous nous sommes dirigés vers Hoi An, à 4 heures de route. C’est une ville charmante avec des édifices de caractère, restaurés avec goût. Le centre historique est réservé aux piétons, ce qui est très pratique. On y sent un mélange de différentes influences asiatiques, notamment une forte empreinte chinoise (de nombreux Chinois se sont réfugiés à Hoi An lorsque la dynastie Ming a été renversée par les Mandchous). On y voit de nombreuses maisons basses aux façades colorées (surtout en jaune moutarde) et aux balcons en bois, ainsi qu’une multitude lampions colorés dans les rues : un spectacle féérique lorsque la nuit tombe. Malheureusement, cette ville paraît un peu artificielle, à but touristique uniquement, car composée en majorité de lieux à visiter, boutiques et restaurants.

Il y a donc de nombreux édifices à visiter dans le centre historique : des maisons de la communauté chinoise avec leurs autels pour les génies protecteurs et leurs spirales géantes d’encens pendues au plafond, de petits musées, des demeures traditionnelles avec leurs chapelles dédiées au culte des ancêtres, et enfin le pont japonais, symbole de la ville. Construit à la fin du 16ème siècle, ce joli (petit) pont de bois, en dos d’âne, de 20m de long, est recouvert d’un toit de tuiles jaunes et vertes. A l’intérieur, on peut voir un pagodon dédié à des personnages de légende, et, à chaque extrémité, un couple de singes et de chiens (car la construction du pont aurait commencé l’année du singe pour se terminer celle du chien). La légende le dit indestructible car il a échappé à un incendie qui détruisit le quartier japonais après une épidémie de peste et, plus récemment, à une inondation.

Non loin de Hoi An, nous sommes allés voir les ruines du site de My Son : c’est le site archéologique le plus important du royaume de Champa et de la civilisation cham (peuple de marins et de pêcheurs du centre du Vietnam, originaire de Malaysie, civilisation qui dura du 2ème au 15ème siècle). Il fut créé à la fin du 4ème siècle et devint petit à petit le centre religieux et politique des Chams. Malheureusement, à cause des bombardements de la guerre du Vietnam, il ne reste plus beaucoup de tours et de temples debouts. Mais le site, dans une cuvette entourée de collines, vaut le coup d’œil pour son environnement. Les édifices sont construits en briques faites à partir d’un mélange de terre rouge-orangé et d’huile. On y trouve vraiment de fortes influences indiennes (dieux hindous, lingams géants, …), avec des statues de divinités, des fenêtres avec des colonnes sculptées.

Nous avons continué vers le Sud et sommes passés brièvement à Nha Trang, la plus grande station balnéaire du Vietnam. C’est une ville particulièrement touristique qui ne nous a pas beaucoup plu. Par exemple, le matin, en prenant notre petit déjeuner en terrasse, nous nous sommes fait accoster 6 fois en ½ heure par des marchands ambulants. Le manager de notre hôtel a essayé de nous duper sur les tickets de bus en se faisant l’intermédiaire avec la compagnie de bus et en souhaitant une belle commission au passage.

Il y a de grands buildings sans âme en face de la plage, de nombreux hôtels et une myriade de restaurants qui appliquent tous les tarifs « bord de mer ». Pour les routards, mention spéciale toutefois pour le restaurant français « Le Petit Bistrot » où nous avons retrouvé les saveurs culinaires françaises qui commençaient à nous manquer, en dégustant, sous une tonnelle, un plateau de charcuterie/fromage, du bœuf bourguignon et une bonne bouteille de vin.

En face de Nha Trang se trouvent de nombreuses îles, plus ou moins aménagées. L’île de Tre, la plus grande et la plus proche du rivage (3 km) est exploitée par les Chinois qui y ont bâti un grand casino. Tenez-vous bien : pour faciliter la visite des clients du casino, ils ont construit un gigantesque téléphérique qui relie l’île au continent ! Incroyable !

Nous avons fait une petite excursion en bateau pour approcher quelques-unes de ces îles (Mieu, Mun et Tam). Nous avons visité un « bateau-aquarium » tout en béton (un peu kitsch) où nous avons notamment observé de près des tortues, requins, poissons-lions, et d’énormes murènes et mérous. Nous en avons aussi profité pour faire un peu de plongée masque-tuba près d’une barrière de corail mais l’eau était malheureusement fraîche et un peu trouble. Contrairement à notre mauvaise expérience de la baie d’Along, l’équipage était très sympathique : le repas était copieux (et arrosé si on le souhaitait), et deux membres de l’équipage l’ont accompagné de leurs mélodies de guitare et de leurs chants (en anglais SVP, tous les classiques des années 70 !). Il régnait une très bonne ambiance sur ce bateau.

Toujours en continuant vers le Sud, en longeant le littoral, nous sommes arrivés à Mui Ne, petite station balnéaire (mais tout en longueur) bien plus tranquille que Nha Trang et spécialisée dans le kite-surfing (pour les novices : surf avec un cerf-volant) en raison des vents agités qui soufflent sur la baie. Pour les routards qui y passeraient, une très bonne adresse pour dormir à moindre frais tout près de la mer : Xuan-Uyen, guesthouse familiale qui offre des bungalows simples mais tout en bordure de plage. Nous nous y sommes détendus plusieurs jours et avons pris un cours de planche à voile à défaut d’essayer le kite surf, beaucoup trop onéreux bien qu’on soit au Vietnam. Il s’agissait surtout de trouver notre équilibre en évitant de tomber à l’eau où nous attendaient des méduses 4 fois plus grosses qu’en Méditerranée…

Nous avons également loué un scooter pour visiter librement les environs. Sur la route, nous sommes passés devant plusieurs fabriques de nuoc mam, saumure de poisson, spécialité de la région. Nous nous sommes d’abord promenés sur 2-3 km dans le lit de la « rivière enchantée », rivière aménagée au fond de sable et au niveau d’eau très bas, ce qui permet d’y marcher tout en se rafraîchissant les pieds et les chevilles, jusqu’à une petite chute d’eau à proximité de cocoteraies. Cette rivière serpente entre les dunes blanches et les dunes rouges, ravinées par le ruissellement des eaux. Un paysage vraiment magique : on aurait dit un mini-canyon. Nous avons fait le chemin du retour en haut des dunes, pour admirer la vue sur la rivière entourée de ces petites falaises orangées et la vue sur la mer, à l’horizon, et avons joué aux cabris dans les dunes (enfin surtout Albin) sous un soleil de plomb. Nous sommes passés devant un « ranch de l’autruche » où un cowboy vietnamien nous a proposé d’en chevaucher une (aux plumes tout abîmées par la selle, et en piteux état général), ce que nous nous sommes empressés de refuser.

Nous nous sommes dirigés ensuite vers le petit port de pêche de Mui Ne qui offre une vue magnifique sur une multitude de bateaux de pêche bariolés sur fond bleu azur. Nous y avons vu des embarcations artisanales, petites et toutes rondes, en bambou tressé, sur lesquelles on navigue à l’aide d’une seule rame. Enfin, nous nous sommes rendus aux dunes de Mui Ne, ensemble de superbes dunes de sable orangé qui donnent l’impression de se trouver en Afrique du Nord. Des enfants nous ont proposé de faire de la luge grâce à de grands rectangles de plastique tenus par des bouts de ficelle. Nous avons essayé par nous-mêmes sans parvenir à bouger. Car la descente en luge des sables requiert une technique particulière qu’il nous a fallu apprendre : il faut creuser dans le sol pour en extraire du sable humide qu’on jette sur la pente sur laquelle on s’apprête à glisser. Nous avons ainsi pu faire quelques descentes, mais on était loin des sensations fortes…

Nous avons fini notre périple au Vietnam par Saigon (enfin officiellement « Ho Chi Minh City »). A notre arrivée dans cette mégalopole, nous avons compris pourquoi il s’agit du centre économique du pays : buildings et magasins à perte de vue, millions de scooters (incroyable, bien pire qu’à Hanoi, une vraie marée qui impressionne vraiment lorsqu’on essaie de traverser…), mais aussi énormément de monde dans les rues et de très nombreuses illuminations (notamment à l’occasion de Noël).

La veille de Noël, nous avons dîné aux « 3 gourmands », le restaurant gastronomique de Gils (connaissance d’Albin, ancien restaurateur de Sophia-Antipolis) et avons goûté au meilleur repas de Noël de notre vie (désolés pour nos mamans et papas cuisiniers) dans un jardin tropical. Quelques exemples du menu : œufs brouillés à la truffe, nem de foie gras, écrevisse sauce vanille, civet de chevreuil… Après ce festin, nous sommes sortis boire un verre dans le quartier très « animé » des routards où se situait notre hôtel, et nous nous sommes retrouvés entourés de morues (étal ambulant de morues séchées devant le bar, et filles de joies non loin de là). Un Noël très atypique, loin du traditionnel repas familial près du sapin !

Notre journée de Noël a également été étrange. Nous nous sommes promenés dans Saigon, dans les rues très bruyantes et pleines de circulation, dans les marchés, le long de ses longues et larges avenues, observant cette ville tropicale, entreprenante, marchande, frénétique voire indisciplinée. Nous nous sommes arrêtés au musée des « vestiges de la guerre » (ou plutôt des crimes de guerre américains pendant la guerre du Vietnam). Ce musée a véritablement pour but de dénoncer les atrocités, la barbarie de l’armée américaine. On y apprend donc quelques éléments sur la guerre (sa longue durée – 1959-1975 – ses grandes étapes, son déploiement, qui est comparé à ceux de la guerre de Corée et à la 2nde guerre mondiale – pour information, le Vietnam a reçu pendant cette guerre près de 14 millions de tonnes de bombes sur son sol, soit 7 fois plus que la quantité larguée pendant la 2nde guerre mondiale) mais le point de vue officiel vietnamien est très partial (rien sur les crimes de guerre des Vietcongs) et peu de commentaires accompagnent les images et les objets. Ce fut une visite assez éprouvante car on y montre des documents très durs et des images horribles de la guerre (tortures, mutilations, témoignages de destructions, photos d’enfants difformes à cause de l’agent orange et de tous les produits toxiques déversés par les Américains, …). Joyeux Noël !

Nous avons continué notre ballade en nous rendant sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame, qui n’a rien à voir avec celle de Paris, même si c’est un monument typiquement français : elle ressemble à une grande église de province, en pierres et briques roses-rouges, coiffée de 2 clochers carrés et de flèches de 40m de haut. De l’autre côté de la rue, nous avons pu admirer la poste centrale, construite à la fin du 19ème siècle par Eiffel, et qui ressemble à une gare. Elle abrite une immense charpente métallique et une verrière qui font très Belle Epoque, Exposition Universelle.

Avant de quitter le Vietnam, nous avons eu envie de découvrir un peu le delta du Mékong, région la plus fertile du pays. C’est une immense plaine, traversée par les 9 bras du Mékong, quadrillée par des canaux verdoyants, des rizières, des jardins fruitiers, des îles et des villages qui vivent au rythme des pulsations du grand fleuve. Malheureusement, notre excursion de 2 jours s’est avérée décevante car nous avons passé la moitié du temps dans le bus et que le parcours emprunté était beaucoup trop touristique : centaine de touristes visitant les mêmes îles que nous, nombreux magasins, très brèves visites de sites de production artisanale dans l’unique but de nous faire acheter les produits finis, trajet en carriole tirée par une pauvre mule efflanquée, dîner et nuit « chez l’habitant » mais avec une vingtaine d’autres touristes (autant dire que l’intimité, les échanges avec nos hôtes ont été très restreints…). Nous avons quand même eu l’occasion de nous rendre sur des îles typiques du Mékong avec leurs canaux et vergers de fruits tropicaux, d’observer la fabrication des bonbons à la noix de coco, des crêpes et des nouilles de riz, de voir un marché flottant où les étals géants mono-produits sont les bateaux eux-mêmes, et enfin de goûter des rouleaux de printemps maison.

Nous avons donc vu et appris beaucoup de choses en 3 semaines, dans une ambiance plus ou moins agréable, et garderons en mémoire la richesse historique et culturelle de ce pays. Néanmoins, après la frénésie asiatique, nous étions contents de quitter ce continent pour la Nouvelle-Zélande, où nous pourrions admirer dans le calme des paysages spectaculaires, sauvages et préservés. La suite au prochain épisode…

Pour 2011, ca y est, nous avons enfin fait le grand saut...

Le 13/01/2011

Albin a enfin profite de son cadeau d'anniversaire de 30 ans, a 16500 pieds, au-dessus de la magnifique baie d'Abel Tasman, et Julia en a profite pour faire de meme pour ses 28 ans. Des sensations exceptionnelles, un paysage idyllique, une experience inoubliable (plus de photos dans la section 32).

Bonne annee !!!

Le 08/01/2011

Nous souhaitons a tous nos fideles lecteurs une tres heureuse annee 2011 depuis la Nouvelle Zelande, pays magnifique ou l'on se sent vraiment bien !!!

Plus de nouvelles quand nous aurons une meilleure connexion.

On vous embrasse.

 

Merry Chrismass

Le 23/12/2010

Très joyeux Noël à tous, depuis le Vietnam où nous passerons le réveillon sous les cocotiers enguirlandés, tous seuls, mais sous 28°C ensoleillés...

 


Luang Prabang

Le 18/12/2010

 

Le 3 décembre, nous avons eu le plaisir d’admirer Luang Prabang de jour, ville classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Elle fut bâtie au confluant du Mékong et de la rivière Nam Kane. Située au milieu de vallées, son climat est frais et agréable. C’est une ville chargée d’histoire : elle fut la capitale du Laos jusqu’au 16ème siècle avant d’être supplantée par Vientiane. C’est aussi la ville la plus riche en monuments du Laos, avec peu de bâtiments modernes, une ville à taille humaine très préservée.

Nous avons d’abord cherché à avoir un aperçu de la ville, en grimpant en haut du mont Phoussi, petite colline au beau milieu de Luang Prabang. Depuis là haut, la vue, sur le Mékong d’un côté, la rivière Nam Kane de l’autre, les collines aux alentours et les principaux édifices de la ville, est splendide.

Ensuite nous sommes allés visiter le palais royal, beau bâtiment au sein d’un parc, dans lequel vécurent les rois laotiens pendant la colonisation française. Il contient une relique très précieuse pour les Laotiens : le bouddha d’or (50 kilos) d’où la ville tire son nom. A l’entrée du parc, il y a un très joli temple, très coloré (rouge, or, vert émeraude), avec de nombreuses sculptures et ciselages dorés : un des plus beaux temples que nous ayons vus ! Le palais est très bien conservé, c’est un des plus ouvragés du Laos, les meubles et objets d’apparat sont bien mis en valeur. Ce sont surtout les fresques murales qui sont impressionnantes : de magnifiques peintures qui représentent des scènes colorées de la vie villageoise laotienne aux différentes heures de la journée (salle de réception), mais aussi des mosaïques de verre sur fond rouge (salle du trône). Elles sont dignes des palais de marajahs indiens (armées de chevaux et d’éléphants, scènes de prières, etc.). Ce qui a aussi retenu notre attention, ce sont les cadeaux offerts aux souverains par les chefs d’État étrangers, notamment des fragments de pierres lunaires offerts par les Américains et qui proviendraient du premier voyage sur la Lune.

Nous avons ensuite visité le Vat Xieng Thong. Construit en 1560, il est richement décoré et encore en très bon état. Il est composé d’édifices en bois avec des pans de toits qui descendent presque jusqu’au sol (caractéristiques de l’architecture de Luang Prabang), de très belles mosaïques de verre (comme dans le palais royal) et des fresques au pochoir, dorées sur fond noir.

Pour finir, nous nous sommes promenés dans l’immense marché nocturne artisanal, plein de souvenirs en tous genres (tissus, sculptures de bois, alcools de riz, lampes en papier de riz, etc.) vendus par des artisans issus des petits villages alentours.

Le lendemain, nous avons fait une excursion dans les environs de Luang Prabang. Notre guide, Thone, Laotien anglophone, nous a un peu parlé des moeurs et coutumes au Laos, notamment des rapports hommes/femmes et du mariage (contrairement à l’Inde, c’est la famille de l’époux qui paie une sorte de dot). Il est issu de la minorité Kamu et a grandi dans un petit village où il y avait peu de travail. Il est donc parti à Luang Prabang, d’abord pour y être bonze novice, apprendre le bouddhisme (ses parents étant animistes), et finir ses études secondaires au monastère, puis pour trouver du travail. Il nous a expliqué les règles strictes qui régissent la vie monastique : par exemple, ne pas même effleurer une femme, ne pas prendre de repas après midi, etc.

Nous nous sommes promenés dans les chemins de terre entourés de bananiers sauvages, de rizières jaunies en escalier. Nous avons gravi des monts verdoyants mais malheureusement clairsemés par endroit, à cause de la déforestation pour les cultures et le bois de teck. En passant par un village hmong, nous avons visité l’école (vide car nous étions un samedi), avec, aux murs des classes, des slogans comme « aimer étudier, c’est aimer le Laos ».

Avant d’arriver au village kamu, où nous avons dormi, nous sommes passés dans un autre village hmong, assez précaire. Des enfants actionnaient une machine rudimentaire en bois (à levier) et en pierre (meule), servant à moudre les grains de maïs pour en faire de la farine. Une machine digne du Moyen Age !

Le village dans lequel nous avons dormi était plutôt animé : les cochons, les poules et les chiens se promenaient un peu partout, les enfants jouaient ça et là, et les femmes triaient ou séchaient le riz. Ils ont de drôles de tracteurs, constitués d’un moteur sur roues avec deux longs manches pour les diriger, comme une brouette ou une tondeuse à gazon. Ils y accrochent une charrette dans laquelle ils tiennent à 8 ou 10, en plus de leurs courses.

Nous avons passé le début de la soirée avec les fillettes du village à chantonner des airs de nos pays respectifs. Nous avons ensuite dîné avec notre famille d’accueil, plongeant nos mains, qui servaient de couverts, directement dans le riz gluant. Nous faisions de petites boules de riz que nous trempions dans les épices puis que nous utilisions pour attraper nos légumes. Pour finir, nous avons été invités à partager de l’alcool de riz artisanal chez les voisins pour fêter l’achat d’un nouveau tracteur. Ils étaient tous très enjoués, probablement aidés par l’alcool… (Ils ont même demandé à Albin de chanter, c’est dire…). Assis par terre autour de grandes jarres, avec une douzaine de Laotiens dans la même petite pièce, nous avons goûté cet alcool fait à partir de riz fermenté, grâce à de longues et fines pailles en plastique plongées au fond des jarres. Nous en avons bu juste une ou deux gorgées. Ce n’était pas mauvais, mais nous avons arrêté quand nous nous sommes aperçus qu’ils ajoutaient de l’eau (non purifiée, cela va de soi) à l’alcool. Le surlendemain, Albin était malade…

C’était une très belle expérience que de participer à cette soirée festive dans un petit village perdu, au milieu des Kamus, comme si nous faisions partie des leurs !

Le 5 décembre, nous sommes redescendus à pied, puis on nous a emmenés sur la rivière Nam Ou (pour info, Nam veut dire « rivière » en laotien) pour une descente en kayak 2 places (pratique quand l’un(e) veut se reposer…). Les paysages étaient magnifiques, notamment en raison des spectaculaires falaises de calcaire qui surplombent la rivière. Celle-ci se jette dans le Mékong à la hauteur des grottes de Pak Ou que nous avons visitées. On voit clairement la limite entre les deux cours d’eau, la verte Nam Ou d’un côté et le Mékong couleur boue de l’autre. Les grottes de Pak Ou sont creusées dans le calcaire et sont un lieu de pèlerinage avec de très nombreuses statuettes de Bouddha de toutes tailles.

Nous sommes repartis en kayak sur le Mékong (Albin ramait, Julia regardait…) et nous nous sommes arrêtés sur un banc de sable pour déjeuner près d’un groupe d’orpailleurs. Ceux-ci creusent la terre du rivage et la lave dans des battes en bois pour en extraire une fine poussière noire où scintillent quelques paillettes d’or. Pour la petite histoire, ils mettent ensuite du mercure dans cette poussière, ce qui dissout l’or. Puis le mercure est chauffé. En s’évaporant, il libère l’or qui est ensuite vendu aux bijoutiers de la ville. Pour finir, nous sommes arrivés en kayak à Ban Xan Hai, village spécialisé dans le lao-lao, boisson alcoolisée à base de riz, la plus populaire du pays. On nous en a expliqué la distillation (c’est le même procédé artisanal que pour l’eau-de-vie chez nous, avant l’interdiction des distilleries).

En conclusion, nous avons apprécié le Laos, pays très « nature », dans tous les sens du terme. Il est à la fois très vert, vallonné, propice aux promenades, au sport. Mais il est également très authentique, préservé, à la population discrète (parfois trop peu curieuse, ce qui a malheureusement limité nos interactions avec les Laotiens), paisible et qui prend le temps de vivre.

 

A la découverte de Vientiane

Le 11/12/2010

Avant toute autre chose, nous tenons à féliciter la nouvelle infirmière diplômée de la famille ! Bravo Morgane pour ton diplôme et gros byzoux !

Le 29/11 nous sommes arrivés à Vientiane, capitale du pays, avec ses larges avenues et ses vieilles villas coloniales, qui ressemble à une grosse bourgade régionale, tout endormie. Cette ville affiche fièrement le régime communiste du pays : sur de nombreux bâtiments (même sur le building pour les investissements étrangers, qui s’appelle la « maison du capital ») on trouve le drapeau national laotien et le drapeau communiste avec le marteau et la faucille.

Nous nous sommes rendus au Bouddha Park, endroit un peu étrange, jardin publique avec vue sur le Mékong, dans lequel on trouve une multitude de statues en béton à la fois bouddhistes et hindoues, dont un gigantesque bouddha couché de plusieurs dizaines de mètres. Celles-ci ont été édifiées dans les années 50 par un sage farfelu, Luang Pu, et ses disciples, qui voulaient unifier ces deux religions. Ce qui est très impressionnant, c’est le grand bâtiment en forme de citrouille qui comporte 3 niveaux représentant les enfers, la terre et le ciel. Ses parois intérieures sont recouvertes d’écailles et, au centre de chaque étage, on trouve de nombreuses statues plutôt naïves, un peu « brutes de décoffrage », qui symbolisent chacun des 3 mondes. Dans ce lieu, nous avons croisé quelques bonzes sympathiques et aussi amusés que nous par ces statues originales.

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés au Vat Sokpaluang pour prendre un bain de vapeur dans une cabane sur pilotis et goutter au massage traditionnel laotien. Une marmite contenant de nombreuses herbes aromatiques, dont le secret est bien gardé (on arrive quand même à distinguer l’eucalyptus et la citronnelle) mijote sur un feu de bois. Elle est reliée par un tuyau à la cabane dans laquelle les vapeurs étouffantes se répandent dans une semi-obscurité.

Les deux jours suivants, nous avons exploré Vientiane et avons été un peu déçus par les monuments et les temples de la ville. Par exemple, le Vat That Luang, grand stupa sacré, est considéré comme le monument religieux le plus important du pays car il est supposé contenir un cheveu de Bouddha. On arrive sur une grande esplanade pleine de places de parking (vides à ce moment là). Au fond se dégage ce stupa de plusieurs dizaines de mètres, tout doré. Mais quand on se rapproche, on voit bien que sa restauration n’a pas été une grande réussite…

Les Laotiens ont aussi un arc de triomphe, censé être construit à l’image de celui de la place de l’Etoile, mais qui n’en a que l’intention. Bâti dans les années 60 en béton armé, cet arc a un extérieur peu peaufiné et un intérieur pas fini. On y trouve à chaque étage des boutiques de souvenirs et la vue sur la ville depuis le point le plus élevé est loin d’être imprenable…

Nous avons cependant apprécié le Vat Sisaket, dans le centre ville, le plus vieux Vat d’origine de Vientiane. Son cloître est impressionnant : ses murs contiennent de très nombreuses petites niches, avec, à chaque fois, deux statuettes de Bouddha en argile. En plus, au pied des murs, sont disposés des bouddhas de toutes tailles, en bronze, en bois ou en pierre : en tout, plus de 10000 statues selon l’affichette. Effet visuel garanti !

Nous sommes aussi passés dans le plus grand marché de la ville. Il n’y avait aucun touriste, c’était très animé, coloré, plein de parfums, avec des femmes assises sur les étals, au milieu des morceaux de viande et têtes de cochons qu’elles vendent.

Le 2 décembre, nous sommes partis en bus, sur la route très sinueuse de Luang Prabang. Les paysages étaient de toute beauté : des monts verdoyants couverts de forêts tropicales.

A la nuit tombée, à notre arrivée à Luang Prabang, nous sommes allés nous promener dans les ruelles du centre-ville. Quelle sensation étrange que d’aborder ces rues inconnues, presque désertes, sans plan pour nous aiguiller, en suivant une route peu éclairée, le long d’une rivière où nous pouvions distinguer les lumières des lampions des quelques maisons installées sur l’autre rive ! En empruntant un petit chemin de traverse, nous avons fini par trouver la rue principale de la ville. Elle était pleine de petites maisons partiellement en bois, servant de guesthouses, restaurants, magasins d’art, et toutes joliment éclairées par des lampions, lampes ciselées de motifs originaux en fer forgé ou encore de guirlandes lumineuses. Un spectacle féérique ! 

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