Nous sommes arrivés au Laos le 19 novembre, par Paksé, ville la plus importante du Sud (avec seulement 60 000 habitants…). C’est une ancienne ville coloniale française, bâtie entre le Mékong et l’embouchure du Sédon. Les Thaïlandais y ont construit le « plus grand centre commercial » du Laos (selon le Routard), qui ressemble plutôt à un marché avec des escalators (en panne), et une supérette à l’étage, supérette de l’enseigne…. frères Tang (on n’est pas dépaysés…).
Nous avons rayonné à partir de cette ville, à la découverte du plateau des Bolovens et du Wat Phu (temple) de Champassak. Tout d’abord, nous sommes partis en excursion sur le plateau des Bolovens : ce sont des terres à 800m altitude, très fertiles (plateau essentiellement composé de roches volcaniques favorisant ainsi l’absorption de l’eau). On y trouve des cultures variées (hévéas, tecks, théiers, caféiers, bananiers, etc.). Nous avons visité une plantation de thé où l’on nous a expliqué 3 modes de fabrication du thé à partir d’une même variété de théier : thé blanc, thé vert et thé oolang. Ces types de thé dépendent de la jeunesse des feuilles que l’on utilise et de leur mode de séchage (feu de bois et/ou soleil). Nous avons vu aussi deux variétés de caféiers : le robusta (les plus grands, dont les grains sont plus appréciés par les Asiatiques) et l’arabica (dont les grains ont une saveur moins forte et sont plus consommés par les Occidentaux).
Cette balade nous a également permis de contempler quelques jolies chutes d’eau. En premier lieu Tad Fan (les chutes les plus hautes du Laos, 120 mètres de haut) qui dégringolent dans des gorges entourées de jungles, mais qui restent inaccessibles en raison de la présence de bombes américaines. Puis Tad Yuang, qui sont de belles chutes de plusieurs dizaines de mètres avec un puissant débit. En amont de celles-ci se trouve un paisible coin de verdure, où serpente une petite rivière, et qui, parsemé de cabanes de bois, donne un peu l’impression d’un paysage suisse.
Ce qui nous a le plus marqué fut certainement notre visite des petits villages des minorités, établies depuis des siècles sur ce plateau et conservant leurs traditions (minorités Alak, Katu, Ta-oy et Suay). Ce sont des ethnies qui ne se mêlent pas aux Laotiens, qui parlent une langue dérivée du khmer et qui vivent dans des huttes de bois au toit de chaume, construites en cercles concentriques autour de la hutte du chef. Ce qui est amusant, c’est le contraste entre leur vie simple, leurs logements précaires, leurs vêtements très usagés, et les énormes antennes satellites plantées devant chaque hutte afin de capter la télévision.
Ce sont des ethnies animistes qui ont toutes au centre du village une sorte de maison sacrée, maison aux esprits, décorée de statues de bois. Devant cette maison, ils sacrifient régulièrement divers animaux (buffles, poulets, …), afin de leur apporter les faveurs des esprits, lors de mariages, naissances, nouvelles maisons, pour obtenir de bonnes récoltes, à la nouvelle année, etc. Pour eux, la mort n’a pas la même signification que pour nous autres Occidentaux : c’est un évènement gai. En effet, le défunt trouve le repos, son esprit est enfin libre. Ainsi, c’est l’occasion pour la famille de faire la fête pendant 7 jours. Les Katus vont d’ailleurs jusqu’à préparer à l’avance les cercueils de tous les membres de la famille, et les déposent juste en-dessous de leur maison, au cas où.
Nous sommes allés à leur rencontre et ils nous ont accueillis en souriant. Ils vivent très tranquillement. On sent bien qu’ici le temps n’a pas la même dimension. Par ailleurs, tout le monde fume, femmes et enfants y compris, dans de grandes pipes à eau en bambou qu’ils se font passer, accroupis ou assis sur la terre nue, en nous regardant d’un air détaché et presque moqueur.
Nous avons dormi à Tad Lo, petit village près d’une jolie cascade, dans une cabane sur pilotis. Nous avons rencontré un couple franco-suisse très sympa, Gaëlle et Manu, également en tour du monde, mais pendant un an. Le lendemain, nous avons fait un petit trek de 4 heures avec eux et un guide local (malheureusement non anglophone), sous une chaleur écrasante. Nous avons traversé champs et villages, toujours à la rencontre de minorités, et avons découvert des plants de coton, d’arachide (ce sont d’ailleurs les « bulbes » au bout des racines, un peu comme les pommes de terre, que l’on mange), et de piments.

