Le 25 novembre, nous sommes partis à moto (scooter à vitesses) en direction de Champassak, à environ 40 kilomètres au sud de Paksé. C’était très agréable de faire un peu de moto sur une route plutôt en bon état, peu fréquentée, et de profiter des paysages ainsi que des petits villages.
Nous avons traversé le Mékong sur un bateau radeau artisanal (monté sur 3 barques qui faisaient office de flotteurs) pour arriver ensuite au Wat Phu (temple khmer). C’est le site archéologique le plus important du Laos. Il ressemble aux temples d’Angkor en plus petit. C’est le berceau de la civilisation khmère et son nom signifie « temple de la montagne » car il est construit en-dessous d’une montagne verdoyante dans laquelle les religieux de l’époque voyaient un lingam, symbole de Shiva.
Les escaliers pour accéder au temple, assez pentus, sont bordés de très beaux frangipaniers. Depuis le temple, on a une très belle vue sur la plaine, sur les bassins entourant le site et sur une grande allée bordée de sculptures de lingams. Les ruines du temple sont jolies même si assez mal conservées. Les bouddhistes ont annexé se site au 16ème siècle et il est devenu pour eux un lieu sacré. Ainsi, à l’intérieur du temple dont les parois représentent différentes divinités hindoues, on trouve plusieurs statues de Bouddha. On trouve aussi sur ce site une source sacrée, un éléphant sculpté dans un énorme rocher et une table en pierre dans laquelle est creusé un crocodile et qui aurait servi à des sacrifices de jeunes filles vierges.
C’est un temple entouré de verdure qui a beaucoup de charme, et, même s’il est moins impressionnant que ceux d’Angkor, il valait le détour !
Le 26 novembre, nous sommes partis pour les 4000 îles : juste avant la frontière cambodgienne, le Mékong se divise en de multiples bras où sont éparpillées de très nombreuses îles luxuriantes.
Nous avons choisi la petite île de Don Khône, plus paisible que sa voisine Don Det. Même si on ne peut pas se baigner et que la vue sur le Mékong est souvent masquée par les guesthouses qui s’implantent de plus en plus le long du fleuve, c’est une île assez plaisante où il fait bon prendre le temps de vivre. Don Det et Don Khône étaient anciennement sous protectorat français. Quelques vestiges subsistent comme des maisons coloniales, le pont et le chemin de fer entre les deux îles. Le premier soir nous avons découvert, près d’un restaurant, un terrain de badminton sur lequel nous avons pris plaisir à taquiner le volant, après deux mois d’abstinence, sous la lumière de gros projecteurs !
Le lendemain nous avons fait le tour de l’île en vélo. Après avoir dépassé le village principal, on tombe sur une partie plus campagnarde avec ses nombreuses rizières et autres champs dorés, ses myriades de cocotiers et bananiers, ses buffles qui se baignent dans le fleuve boueux. De temps en temps, d’agréables forêts de bambous nous protégeaient du soleil ardent.
Cette fois-ci, c’est Julia qui a croisé deux serpents : ils étaient de petite taille mais de couleurs vives. Nous avons apprécié les vues sur le Mékong, tantôt rivière agitée traversée par des ponts suspendus, tantôt lac calme bordé par des plages de sable, avec au loin une nuée d’îles. En chemin, nous nous sommes arrêtés aux chutes de Li Phi, ou Somphamit (« gouffre du fantôme » en laotien) appelées ainsi, car à l’endroit où elles tombent, se forme un cul-de-sac sans courant qui retient les épaves. Il y a un fort débit, et plusieurs chutes, en forme d’escalier, se rejoignent en contrebas.
En fin de journée, nous nous sommes promenés en barque à moteur entre les îles, notamment pour apprécier le coucher de soleil sur le Mékong. Nous avons adoré ! Quelle bonne petite croisière ! Nous avons observé, le long des îles habitées mais pas très touristiques, les pêcheurs, les femmes lavant le linge (propreté garantie !), les personnes qui se baignent (ou même se lavent les dents dans le fleuve !) et les enfants qui jouent. Dans la lumière déclinante, ce fut vraiment un très beau spectacle.
Le 28 novembre, nous sommes repartis pour Vientiane en utilisant un bus à couchettes, comme dans les trains. Ce n’était pas très large ni confortable mais bien utile pour faire passer les 10 heures de trajet.

