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Orchha et Varanassi

Le 30/10/2010

Le 23/10 Nous sommes partis pour Orchha ou nous avons trouvé un agréable hôtel, Ganpati Guesthouse,  avec une vue saisissante sur les puissantes fortifications de la ville, et dont le patron est très accueillant et serviable.Le 24/10 Enfin un peu de détente… Nous avons pris notre temps et sommes allés visiter le Rajah Mahal et le Jahangir Mahal, deux palais du XVIII siècle, à l’architecture islamique (comme le montrent les arches en vagues) dans un complexe fortifié où se nichent des vautours. Ils ne sont pas très bien entretenus mais il reste quelques jolis plafonds fleuris et des fresques du Ramayana (épopée mythologique).

Le 25/10 Nous avons enfourché à nouveau des vélos pour nous promener dans le parc naturel d’Orchha en bordure du fleuve Betwa. Nous nous sommes élancés à l’assaut de chemins parsemés de pierres, de trous et de bosses avec nos vélos « pas du tout terrain ». Et là, au détour d’un sentier, nous avons croisé l’ANACONDA… enfin un serpent d’au moins 4 mètres de long et de 12 cm de diamètre (selon Albin). Fidèle lecteur à l’âme sensible… tu peux continuer à lire, car le reptile, aussi surpris que nous, et vif comme l’éclair, s’est empressé de rejoindre les berges de la Betwa.  Notre ballade nous a ensuite conduit vers quelques ruines de temples et cénotaphes. Ce fut la journée la plus dangereuse de notre périple jusqu’ici… car notre histoire ne s’arrête pas là. Le soir, pour nous rendre à la gare, nous avons pris pour la première fois un rickshaw (appelé aussi touk touk), engin à moteur à trois roues avec un toit mais sans portes et avec un tout petit pare-brise avant.  Dans la nuit noire, l’engin, au bon gré des cahots de cette route de campagne, se faisait klaxonner et dépasser par presque tous les véhicules, gros camions y compris. Frissons garantis !!!

Le 26/10 Après une nuit (un peu difficile) en wagon-lit, nous sommes arrivés à Varanassi (Bénarès), LA ville sainte d’Inde, bordée par le Gange, ce fameux fleuve sacré. Du monde… de la circulation … du bruit … de la pollution… à la fois  à la gare, où les rickshaws se bousculent et nous pressent d’emprunter leur véhicule, et dans les rues, de plus en plus étroites au fur et à mesure que l’on s’approche du vieux centre, appelé Chowk. Aucun doute, on est bien en Inde.  Nous avons trouvé un hôtel abordable avec une vue majestueuse sur le Gange depuis le restaurant sur le toit.  Les dédales encombrés de gens, vaches et ordures nous ont menés jusqu’au Ghât  Manikarmina, dévolu aux cérémonies de crémation en plein air. C’était une expérience impressionnante. Ici, dit-on, le feu ne s’éteint jamais. Sur une plateforme bordée par le Gange brûlent des dizaines de bûchers.  Le foyer dédié à Shiva  permet  de chercher la braise nécessaire pour allumer tout les bûchers.  Mourir, brûler à Varanassi et voire ses cendres dispersées dans le Gange est le vœu le plus cher des croyants car cela permet de voir son âme monter directement au ciel sans passer par le cycle sans fin des réincarnations.Petit résumé de la cérémonie funéraire :

- Le corps du défunt est d’abord embaumé de nombreuses huiles parfumées puis entouré d’un linge blanc et enfin recouvert de draps colorés et/ou de fleurs. 

- Seuls les hommes de la famille emmènent le corps au lieu de crémation, car les pleurs des femmes dérangeraient le repos de l’âme du défunt. C’est également pour éviter qu’elles se se sacrifient sur le bûcher.

- Certains hommes se rasent la tête, en fonction de leur lien de parenté avec le défunt.

- Le corps, sur une civière en bambou, est plongé dans le Gange pour le purifier.

- Il est ensuite déposé sur le bûcher constitué d’au moins 300 kilos de bois (il faut 350 kilos et 3 heures pour une crémation parfaite). 

- Le parent mâle le plus proche met le feu au bûcher après avoir tourné 5 fois autour, pour symboliser les 5 éléments (la terre, l’eau, le feu, le vent et le ciel). 

- Le cadavre brûle lentement, sans dégager d’odeur particulièrement forte. Il paraît que c’est une des 3 propriétés de ce lieu conférées par Shiva. Les deux autres : le feu brûle toujours même s’il pleut et le bois arrive toujours à brûler même s’il est mouillé.

- Les intouchables, seuls autorisés à manipuler les corps, activent le feu avec des grandes cannes de bambou.

- Le parent le plus proche met fin à la cérémonie en versant une jarre d’eau du Gange par-dessus son épaule droite.

- Les cendres du défunt son ensuite confiées au Gange.

Les sadhus (religieux), les enfants jusqu’à 13 ans, les femmes enceintes, les personnes mordues par un serpent, les malades morts de la variole et les animaux sacrés, considérés comme purs, ne sont pas brûlés mais directement immergés dans le Gange.

Nous avons ensuite fait une promenade en barque, au soleil couchant. C’est un spectacle magique que de voir toutes ces barques passant lentement devant les ghâts où se rassemblent les fidèles pour des ablutions, des prières, etc. Magiques aussi ces centaines de petites bougies qui dérivent sur le fleuve sacré portant avec elles l’espoir de jours meilleurs.  Nous nous sommes enfin arrimés à une vingtaine d’autres barques pour voir la cérémonie sacrée du Puja, en l’honneur du Gange, qui a lieu tous les jours vers 18h30. De jeunes prêtres brahmanes, habillés de rouge et d’or, accomplissent un rituel, tournés vers le Gange : « la cérémonie du feu », avec de l’encens et des chandeliers enflammés. Pour vous conter un peu l’ambiance, ajoutez le les chants sacrés, les tintements de clochettes et les percussions de tambourins. 

Le 27/10 – Varanassi - Après avoir visité une école pour enfants défavorisés et y avoir laissé quelques stylos, nous nous sommes promenés le long des ghâts. Nous avons regardé le spectacle très vivant des bateliers, des personnes faisant leur toilette,  se baignant, lavant leur linge, faisant leur prière, nettoyant les marches des ghâts recouvertes de boue, ou bien encore ces énormes buffles s’immergeant jusqu’au cou pour se rafraîchir un peu. Un spectacle éprouvant aussi, lorsqu’on distingue par hasard les contours d’un nouveau-né flottant près de la rive…

Les ruelles du Chowk méritent bien une petite description. Leur architecture est dénuée de logique et leur aspect tragiquement pittoresque. Elles sont tellement étroites qu’il est parfois difficile de s’y croiser à deux. Elles sont magnifiquement décorées de détritus où les fleurs fanées des offrandes viennent  finir leur vie, le tout agrémenté de délicieuses effluves de bouse de vache et d’urine. Avant de rejoindre la gare, nous avons goûté à deux glaces locales aux épices : la kesar pista, et la kulfi accompagnée de ses minis nouilles sucrées. 

A la gare, nous avons croisé un acteur sud coréen avec qui nous avons un peu échangé sur l’industrie du cinéma et sur son pays. Dans le train, nous avons discuté avec un couple de journalistes TV indiens (Zee News), des gens ouverts et très cultivés avec un très bon niveau d’anglais. Nous avons parlé du Cachemire, des mœurs au Rajasthan, des minorités rejetées en comparant l’Inde et la France, du contraste entre campagne et vie citadine, du métro flambant neuf de Delhi, et d’une ville près de Darjeeling où soit disant il pleut tous les jours de l’année. 

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