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''Petit'' recit de nos aventures au Cambodge. Bonne lecture...

Le 24/11/2010

Nous sommes arrivés à Phnom-Penh le 29/10. Ce jour-là, la capitale était calme, peu de véhicules dans les rues et surtout beaucoup moins de bruit, de pollution et de détritus le long des routes que dans les grandes villes d’Inde. Après 3 semaines d’un soleil intense, nous avons trouvé agréable de nous promener dans cette ville sous une légère bruine et 10 degrés de moins. 

Nous avons visité le Vat Phnom, temple perché sur une petite colline boisée. C’est un petit temple avec une énorme stupâ (édifice en forme de cloche qui renferme les cendres d’un roi). Après une petite balade le long du Tonlé Sap, cours d’eau marronâtre et agité, nous avons testé le massage cambodgien réalisé par de jeunes femmes aveugles.  C’est incroyable comme leurs mains agiles arrivaient à trouver tous nos points de tension.

Le lendemain, nous avons décidé de prendre la route pour le Mondolkiri, province à l’est du pays, terre encore sauvage non loin de la frontière vietnamienne. Lors d’une halte dans un village, un petit marché pittoresque nous a surpris par l’originalité de ses étalages : mygales, scorpions, cafards et sauterelles fris.  Cette traversée était magnifique, nous avons vu des grandes étendues de terre gorgée d’eau, où s’épanouissent lentement les rizicultures, des collines d’un vert intense qui contrastent avec le rouge vif de la terre.  Plus nous approchions de cette région, plus le paysage était vallonné et l’air frais.

Pour notre première excursion nous avions pris deux guides à moto qui nous entraînèrent sur ce qui devait être les pires routes du Cambodge, à la découverte des chutes de Bou Sraa. Les chutes étaient impressionnantes avec un très fort débit. Pour les voir, nous avons dû emprunter un abrupt escalier en bois, un peu à la Indiana Jones. Les guides nous ont ensuite emmenés dans une plantation de café, où, après une explication succincte du processus, depuis la récolte jusqu’à la torréfaction, nous avons pu déguster un café cambodgien. Le goût est fort, amer, sucré et avec une légère saveur de réglisse. Ce n’était pas vraiment notre tasse de thé…

Le lendemain, nous sommes partis pour deux jours, faire un trek dans la jungle à dos d’éléphant avec le secret espoir d’apercevoir des tigres. Chère Nicole, l’éléphant ne se révèle malheureusement pas plus discret qu’un « canteer » et pas plus efficace pour apercevoir ces chers félins.  Nous avons rencontré Han, un éléphant mono-défense de 65 ans, un peu farouche (c’était un mâle).  Monter à dos d’éléphant, ce n’est pas très confortable, avec la nacelle en bois et pas de place pour les jambes. Notre meneur d’éléphant était installé à califourchon sur son cou et le faisait avancer par des mouvements saccadés de ses pieds nus sur les oreilles de l’éléphant, par des cris, et si nécessaire parfois, par des coups de canne de bambou.  Nous nous sommes promenés sur les flancs des collines venteux et bruineux puis au sein de la jungle de plus en plus dense. 

Nous avons dormi au milieu de la jungle, dans des petites cahutes en bois où nous avons installé des hamacs avec moustiquaires.  Julia n’était pas très tranquille, surtout après la découverte d’un serpent noir et vert pomme caché entre deux planches d’une cabane. Une espèce dangereuse selon notre guide. Le lendemain nous avons pris un bain avec les éléphants et les avons lavés, une expérience unique. Pendant la journée, nous avons découvert des villages Pnong, une minorité du Cambodge, animiste et très pauvre, qui vit dans des petites cabanes en bois au toit de chaume. Ils portent leurs récoltes dans des hottes tressées comme celle du Père Noël. Ils vivent peu de l’exportation et produisent tout juste de quoi se nourrir.

Nous avons poursuivi notre route vers Kampot, après un rapide arrêt à Phnom Penh. C’est une petite ville fluviale du sud, non loin du golfe du Siam. Nous avons visité des grottes à l’aide d’un tuk-tuk tout terrain qui serpentait entre les trous de la route en terre. Nous admirions les rizicultures à perte de vue, champs imbibés d’eau d’un vert intense, parsemés d’habitations sur pilotis et de grands cocotiers. Nous avons fait un peu de spéléologie en tongs, mais les grottes manquaient d’intérêt.  

Le lendemain, le 06/11, nous avons visité le parc national de Bokor et sa station climatique qui est devenue une ville fantôme aujourd’hui. Cette dernière se situe en haut d’une montagne à environ 1000 mètre d’altitude. Renommée pour son climat frais et sa vue sur la jungle, elle a été construite par les Français dans les années 20. Les différents bâtiments (église, hôtel de luxe, casino, château d’eau en forme de soucoupe volante, etc.) sont décrépis et envahis par la mousse laissant derrière eux une atmosphère d’apocalypse.

Nous sommes ensuite partis pour Koh Tonsay, l’île du lapin, appelée ainsi en raison de sa forme. Ses plages sont agréables et pas très fréquentées. Elles sont bordées par des petits bungalows sur pilotis, des cocotiers, des hamacs et des chaises longues. Ca a été 3 jours complets de détente, à faire la sieste, lire, nous baigner dans l’eau douce et transparente du golfe du Siam. Nous avons goûté les noix de coco fraîches et nous sommes régalés de fruits de mer tous les jours.Nous sommes ensuite repartis pour Phnom Penh où nous avons retrouvé les parents d’Albin. Petite anecdote marrante sur notre retour : le bus est tombé en panne d’essence entre deux stations. Mais le chauffeur n’avait pas le droit de s’y approvisionner car il n’y avait pas d’accord entre ces marques et la compagnie de bus. Ils ont donc fait venir une voiture depuis Phnom Penh (à 1 heure de route !) avec l’essence nécessaire pour finir notre voyage. 
A Phnom Penh, nous avons visité le musée national et avons ainsi approfondi nos connaissances de l’histoire du Cambodge, de la préhistoire à l’époque post-angkorienne.  Hélas, l’histoire du Cambodge ne s’arrête pas là. Comme vous le savez, elle a été marquée récemment par de sombres événements. Les Khmers Rouges ont profondément marqué ce pays, tuant près d’ 1/7 de la population.

Pour en savoir un peu plus sur cette triste période, nous avons décidé de voir le musée S-21. C’était le plus grand centre de détention et de torture du régime Khmer Rouge qui a sévi de 1975 à 1979. C’est un ancien lycée reconverti en camp de torture au milieu de la ville. Il y a encore des barbelés autour de certains bâtiments. On voit des photos des détenus, hommes, femmes et enfants, des salles de tortures avec les lits en fer où les prisonniers étaient attachés, des cellules minuscules construites en bois ou en briques. Une visite assez cauchemardesque, qui, même si elle manque un peu d’explications, permet de saisir un peu le traumatisme subi par les Cambodgiens dont toutes les familles ont perdu au moins un membre. 

Notre voyage nous a entraîné ensuite à Siam Reap, la ville touristique de ce pays. Le soir, les rues sont très animées, écran géant pour suivre le football ou la formule 1, poissons mangeurs de peaux mortes, demoiselles de compagnie :  bienvenue dans la nouvelle Thaïlande ! 
Nous avons d’abord visité la maison de la soie, des ateliers qui permettent à de jeunes apprentis défavorisés d’apprendre un métier, celui de producteur de soie. Nous avons assisté à toutes les étapes de la production : élevage des vers à soie, récolte des cocons, trempage des cocons dans l’eau chaude, filage par des rouets avec distinction entre soie sauvage (extérieur du cocon) et soie fine (intérieur du cocon), teinture des fils, préparation des bobines, puis tissage manuel sur d’énormes métiers en bois.  

Ensuite, nous avons visité pendant trois jours les temples d’Angkor. Nous avons rayonné en tuk-tuk afin de pouvoir accéder plus facilement aux temples les plus éloignés. Nous en avons vu un grand nombre. Afin de pas trop vous accabler, nous allons décrire les 3 plus importants. Avant de rentrer dans des explications plus détaillées, il est important de savoir que le Cambodge, comme de nombreux pays d’Asie, a été influencé par l’Inde et sa religion. A certaines périodes de l’histoire khmère, l’hindouisme fut même la religion officielle. Le bouddhisme et l’hindouisme se mêlent dans la mythologie et dans la construction des nombreux temples khmers.

Tout d’abord l’incontournable, le plus grand et le plus connu, celui représenté sur le drapeau national : Angkor Vat. Construit au 12ème siècle, c’est un temple montagne dédié à Vishnu, il représente le mont Méru, centre de l’univers pour les Hindous.  C’est le seul temple d’Angkor orienté à l’ouest (direction de la mort) car il aurait servi de tombeau au roi qui l’a construit. Il est très impressionnant avec ses douves gigantesques, ses grandes tours ciselées et ses bas reliefs très bien conservés racontant des scènes de la mythologie hindoue (Ramayana, Mahâbhârata et barattage de la mer de lait). 

Le temple suivant est le temple du Bayon, une forêt de têtes gigantesques qui regardent dans toutes les directions. Le temple est composé de 54 (37 encore debout) tours qui représentent les différentes provinces khmères de l’époque.  Chacune des tours est ornée de 4 têtes de Bouddha, sensées illustrer ses 4 vertus (sympathie, pitié, humeur égale et égalité). On se demande ce qu’ont pu ressentir les explorateurs qui ont découvert au milieu de cette végétation luxuriante ces visages impassibles depuis des siècles, attendant, un sourire énigmatique au bord des lèvres, de pouvoir un jour raconter leur histoire.  

Le dernier temple est Ta Phrom, livré à la jungle, où il règne une atmosphère féérique, magique. Les racines de majestueux fromagers parcourent les murs de pierre recouverts de mousse verte.De minces rayons de soleil s’infiltrent au travers de ces arbres immenses qui cachent presque entièrement le ciel. Cela nous montre comment la nature reprend petit à petit ses droits sur les constructions humaines : racines qui s’insèrent entre les pierres des bâtiments qu’elles disloquent en grossissant, arbres démesurés qui poussent au-dessus des murs et menacent de tout casser sous leur poids écrasant. 

Pour finir notre séjour, le 17/10, nous sommes partis à la découverte du lac Tonlé Sap. Situé à une quinzaine de kms de Siam Reap, c’est le plus grand lac d’Asie du Sud-Est. Il se gonfle et dégonfle au rythme des moussons, par un phénomène de vase communiquant avec le Mékong (lorsque celui-ci est en crue, il force le courant de la rivière Tonlé Sap à s’inverser pour aller remplir le lac en amont. Du coup, le lac s’étend et inonde les forêts et champs alentours). Ce lac est très poissonneux, ce qui attire de nombreux oiseaux (cormorans, hérons, pélicans, …). L’excursion choisie avait d’ailleurs pour but d’observer ces volatiles dans la réserve ornithologique de Prek Toal puis de découvrir les villages flottants. L’observation des oiseaux, en bateau à moteur, un peu bruyant, s’est révélée un peu décevante : ils étaient peu nombreux car nous étions en pleine journée, et peu diversifiés (nous avons surtout vu des cormorans). 

Par contre, nous étions ravis de visiter le village flottant de Prek Toal, en pirogues plutôt instables (pas de quille, fond plat…), pour observer le mode de vie des villageois. C’est une sorte de Venise aquatique qui offre un spectacle tout en couleurs. Toute la vie de ce village se déroule autour de l’eau. Les maisons de paille et bambou sont fixées à des flotteurs et s’adaptent ainsi continuellement au niveau du Tonlé Sap. La population se déplace uniquement en pirogue, que ce soit pour faire les courses ou aller à l’école (les femmes dans des pirogues à rames, les hommes dans des pirogues à moteur) car les maisons ne sont pas fixées juste à côté les unes des autres. Chaque foyer possède son petit potager flottant, son petit poulailler, son élevage de poissons et parfois de crocodiles… C’était une très belle expérience de découvrir ce mode de vie hors du commun !  

Pour conclure, un petit mot sur les Cambodgiens. Ils sont calmes, très accueillants, toujours souriants. Désireux d’oublier les horreurs de la guerre, ils sont toujours d’humeur joyeuse et aiment beaucoup plaisanter (il faut les voir regarder des émissions TV et rigoler tout haut ! ) Nous nous sommes vraiment sentis à notre aise dans ce pays.

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