Namaste,
Le 21/10, ce fut de loin la meilleure journée de notre séjour jusque là. Le matin, nous sommes allés visiter à vélo la réserve naturelle ornithologique du Keolado Ghana National Park qui abrite de nombreux oiseaux migrateurs. Qu’il est doux de se promener au petit matin, loin du bruit et de la poussière, au milieu de la verdure, avec une légère brise, et de découvrir des centaines d’oiseaux (grues, hérons, cigognes, perruches, oiseaux bleus dont le nom nous échappe). Qu’il est agréable de voir apparaître, entre deux buissons offrant une vue dégagée sur le lac et ses berges, des renards, cerfs et biches aux aguets. C’était bien mieux que Ranthambore !
A midi, nous sommes arrivés à Fatepuh Sikri, villes non loin d’Agra, pour admirer la mosquée construite par le roi moghol Akbar au 16ème siècle. Toute en grès rouge, cette mosquée est splendide et immense : sa porte d’entrée principale (porte de la victoire) est gigantesque (plus de 50m de haut). Au milieu de la mosquée, un temple tout en marbre blanc se détache : il abrite une tombe magnifique toute en nacre. Derrière la mosquée, nous avons pris un petit chemin et avons atteint une drôle de tour, ornée de centaines de défenses d’éléphant en pierre. Impressionnant !
Pour couronner cette belle journée, nous avons admiré LA Merveille : le fameux Taj Mahal. Pour la petite histoire, ce mausolée fut édifié au 17ème siècle (22 ans de construction) par le moghol Shah Jahan, petit fils d’Akbar, pour recevoir le corps de sa 2ème épouse, la perse Mumtaz Mahal, morte en mettant au monde leur… 14ème enfant ! (ils s’aimaient vraiment très fort ! ). Que d’émotion et d’enthousiasme en découvrant cet édifice à couper le souffle ! Il est incroyablement beau, pur, tout en marbre blanc légèrement transparent, avec des fleurs en pierres semi-précieuses incrustées dans ses parois, des versets du Coran autour de sa grande arche voûtée.
Le soir, nous avons visité un atelier de tailleur de marbre et d’incrustation de pierres. Un artisan/artiste nous a expliqué comment il procède. Quel travail long et minutieux : taille des plaques de marbre, taille des pierres précieuses selon des motifs délicats, gravure du marbre en suivant le contour des pierres, puis incrustation des pierres une à une à la chaux, et long polissage à l’eau salée pour donner du lustre au marbre et faire ressortir les couleurs des pierres.
Le 22/10 et le 23/10 : après une très longue journée de route (plus de 10 heures pour faire 450 kms sur des voies en très mauvais état), nous sommes arrivés à Khajuraho. Nous y allions pour admirer les magnifiques temples classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Ce sont surtout les frises sculptées sur les parois des temples qui attirent l’attention : scènes mythologiques bien sûr, scènes de guerre, mais aussi scènes de repos bien mérité…. avec des sculptures plus qu’érotiques, d’où leur surnom de temples du « Kama Sutra » (que les colporteurs essaient d’ailleurs de vendre à tours de bras à la sortie, en souvenir). Ce qui est drôle, ce sont les personnages, juste à côté des couples en plein ébat, qui se voilent à demi la face avec leurs mains mais regardent quand même…
Les sculptures sont très bien conservées malgré leur âge (10ème/11ème siècle) et le corps de la femme est omniprésent, à la fois tout en rondeurs (seins comme des ballons et petit ventre grassouillet) et très gracieux, tout en mouvement : on dirait qu’elles dansent et se détachent de la paroi ! Les temples sont mis en valeur dans un beau jardin, très soigné, tout comme le quartier autour des temples : merci l’Unesco (ça change de ne pas voir de détritus au bord de la route).
Avant de quitter Khajuraho, nous avons rejoint Tinku, un Indien de 22 ans, que nous avions rencontré la veille dans un cybercafé. Il est de la famille des Chandela, dont les ancêtres ont construit les temples. Très sympa et ouvert sur le monde, il a appris un peu le français à l’Alliance Française de Dehli et souhaitait discuter avec nous pour échanger en français. Il nous a emmené voir un autre groupe de temples, jolis mais moins bien conservés. Il nous a donné sa propre interprétation des fresques et nous a parlé de réincarnation, en nous décrivant ses vies antérieures et futures, dont il a pris conscience grâce à son gourou. Puis il nous a fait visiter son village, en nous montrant les séparations des quartiers selon les castes et en nous faisant visiter sa maison, avec sa grande salle dédiée uniquement à la prière, alors qu’ils ont peu de place pour les autres activités.
Il nous a également fait découvrir une petite école, créée par une journaliste anglaise pour scolariser les enfants pauvres des castes inférieures dont les familles ne peuvent pas payer les frais de scolarité de l’école principale. Plusieurs professeurs sont bénévoles et l’école fonctionne grâce aux dons. Il y a quelques mois, ils ont pu construire un autre bâtiment et ouvrir ainsi 3 classes supplémentaires. Les conditions d’étude sont très rustiques (les écoliers sont assis par terre et écrivent, le cahier posé sur leur « cartable » à côté d’eux), mais au moins ils ont la possibilité d’apprendre et c’est le plus important. Belle initiative !
Pour ceux que ça intéresse, l’adresse de l’école est la suivante :
Kashi Prasad Bal Vidhya Mandir School – Old Village, Khajuraho – 471606 Dist. Chhatarpur (M.P.) – INDIA
Email : kashischool2000@rediffmail.com